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+6,3% pour le gaz le 1er octobre : des boulangers contraints de sacrifier le pain chaud

Par Estelle Solari

Après le carburant, le prix du gaz grimpe. Dès le 1er octobre 2026, il faudra débourser +6,3 % dans nos portemonnaies pour se chauffer. De quoi faire bondir la société, et surtout, les boulangers qui triment pour alimenter leurs fours.

Face à la hausse de +6,3% des prix du gaz, annoncée pour le 1er octobre 2026, les boulangers craignent le pire.
Face à la hausse de +6,3% des prix du gaz, annoncée pour le 1er octobre 2026, les boulangers craignent le pire.

Se chauffer n’a jamais coûté aussi cher ! Près de 6 millions de foyers seront confrontés à la hausse des prix du gaz : de 172,05 euros par mégawattheure en septembre, à 182,88 dès le 1er octobre 2026. Cette augmentation vient s’ajouter à la crise du carburant et à l’inflation globale. De quoi taper dans un clou, déjà bien enfoncé.

"Je vais avoir 1 000 balles en plus à la fin de l'année"

La Commission de régulation de l’énergie, explique que seule la part « approvisionnement » du prix évoluera au 1er octobre, suite à la remontée des prix de gros en août par rapport à juillet. Une nuance qui importe peu aux artisans, comme les boulangers.

Les baguettes ? Anthony Salin, boulanger à la Ciotat les prépare depuis 4 heures du matin et « elles vont cuire 17 minutes à 270° avec un four qui fonctionne au gaz. On a déjà eu une petite augmentation il y a un mois, là on va en reprendre 6 points. »

L’artisan le confie au micro de Sud Radio : pour faire tourner ses fours, il a déboursé environ 1 000 euros ce mois-ci. Avec cette hausse annoncée, « je vais avoir 1 000 balles en plus à la fin de l'année, ce qui est énorme. »

Exit les fournées en continu : tout devient trop cher

Le jeune homme a repris la boulangerie familiale. Un honneur, mais un plaisir gâché par les circonstances actuelles : « On rechigne pas au travail mais si on nous prend presque la moitié en charges, en taxes, en matières premières, en blé, c'est compliqué. Cette année, l'électricité m'a pris plus de 40 000€. »

Maxence, l’un de ses trois employés, constate déjà les dégâts de ces prix exorbitants, impossibles à suivre. « Fini le pain chaud toute la journée, il faut faire des économies. On ne fait plus de fournées continues, on essaye d'adapter notre temps de cuisson. »

Des TPE et PME en voie de disparition

Et ce n’est pas Daniel Salin, président de la Chambre des métiers, qui dira le contraire : « Les affaires qui font entre 100 et 300 000€ de chiffre d'affaires sont destinées à disparaître aujourd'hui. »

L’épée de Damoclès pèse sur un secteur pourtant constitué à 95% de TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises), fondement du système économique en France. Daniel Salin espère un blocage des prix de l'énergie pour les plus petites entreprises.

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