Jérôme Sainte-Marie : "les Gilets Jaunes sont le pendant dans la rue de la présidentielle de 2017"

Jérôme Sainte-Marie était l’invité d’André Bercoff lundi 25 novembre 2019 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Jérôme de Sainte-Marie invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Invité par André Bercoff, Jérôme Sainte-Marie, politologue, présente son nouveau livre, Bloc contre bloc, dans lequel il analyse la situation politique en France aujourd’hui et l’émergence, depuis la présidentielle de 2017 et le mouvement des Gilets Jaunes, de deux blocs : le bloc élitaire et le bloc populaire.

 

D’un côté il y a un "bloc élitaire"...

Jérôme Sainte-Marie, dans son nouveau livre Bloc contre bloc, explique qu’actuellement en France "on a une construction de ce que j’appelle le bloc élitaire". Il s’agit du "rassemblement de l’élite réelle" composée de "la très haute administration, la haute finance et les capitalistes réels", soit la classe dirigeante. Ce sont eux qui ont "les clés de l’État et de la société" ; à chaque élection, ils "cherchent un champion" et celui-ci est Emmanuel Macron.

Leur nombre n’est pas élevé mais à ces "1%" s’ajoute "l’élite aspirationnelle", les cadres supérieurs du privé et du public, et une "bonne partie des retraités" qui représentent "l’élite par procuration". En tout, ce bloc élitaire, selon Jérôme Sainte-Marie, représente "à peu près un Français sur quatre".

… et de l’autre un "bloc populaire"

"Le sentiment de faire partie d’une classe sociale est beaucoup plus fort au sommet d’une société qu’à la base". Ainsi, les milieux populaires "n’ont pas tellement conscience de faire partie d’une classe sociale" mais ça change "grâce à Macron".

Ils se rendent comptent qu’ils ne font pas partie du bloc élitaire et ont donc soutenu les Gilets Jaunes qui est "le pendant symétrique dans la rue de ce qu’il s’est passé durant les élections présidentielles de 2017." Les salariés et les indépendants du secteur privé "se rassemblent car ils se caractérisent par une précarité et une difficulté financière".

Lorsqu’ils observent des gens de gauche et de droite dire le plus grand mal de leur mouvement "ils prennent une conscience négative d’eux-mêmes". Ce vote, lors de la présidentielle de 2017, se répartissait "entre le vote Mélenchon et le vote Le Pen". Mais "certaines prises de position de La France Insoumise l’ont disqualifiée aux yeux de ses électeurs".

De fait "le débouché du mouvement des Gilets Jaunes dans les sondages a été le vote Bardella et l’abstention". Selon un sondage Ifop, 52% des ouvriers et des salariés voteraient Marine Le Pen lors du premier tour de la présidentielle. Il reste toutefois "40% de la France qui refuse de se laisser capter par l’un des deux blocs", selon le politologue.

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