"C’est tellement compliqué de se poser sur Mars que chaque atterrissage est unique"

Les équipes françaises qui ont travaillé sur le robot Persévérance ont suivi chaque seconde de l'atterrissage sur Mars. Reportage de Christine Bouillot.

Le robot Persévérance, qui embarque le SuperCam développé par le CNES, a atterri le 18 février 2021 sur Mars. (Photo by Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP)

Le robot Persévérance a atterri sans encombres sur la surface de Mars pour y rechercher des traces de vie passée sur la planète Rouge. Une réussite internationale à laquelle a participé la France, avec le CNES. L’IRAP, l’institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie, a développé de nombreux équipements présents sur le robot, dont le SuperCam. Reportage de Christine Bouillot.

 

"Je crois que je ne réalise pas trop, encore"

Les ingénieurs qui ont développé le SuperCam, instrument multifonction stratégique pour la réussite de la mission, étaient à la Cité de l’Espace pour suivre la retransmission de l’atterrissage. La tension était à son comble durant la phase finale de l’approche : "parachute déployé… bouclier thermique largué..."
Il faudra attendre 21h45 pour que Persévérance se pose définitivement sur le sol de Mars sous un tonnerre d’applaudissements de la part des équipes de l’IRAP.

"C’est génial, c’est un gros ‘ouf’ quand même", confie David Chide qui a développé les microphones qui capteront les sons de Mars. "En plus on a la première image, se dire ‘on est posés’, c’est incroyable."
"C’est tellement compliqué de se poser sur Mars que chaque atterrissage est unique", explique l’ingénieur. "Je crois que je ne réalise pas trop, encore, ça s’entend non ?"

 

"De savoir que ça va marcher et que ça va permettre de faire avancer la science, c’est formidable !"

Le patron de Comat, petite PME toulousaine ayant travaillé sur ce projet historique, était également présent : "c’est extraordinaire !" "La difficulté que c’était, la complexité… et d'arriver à ça, c’est extraordinaire", se félicite Benoît Moulas.
"Après, de savoir que ça va marcher et que ça va permettre de faire avancer la science, c’est formidable !"

 

Persévérance commencera donc son travail de collecte d’échantillons et de données. Si les images et les sons pourront être étudiés rapidement, les échantillons ne seront collectés que dans 10 ans, dans le cadre d’une autre mission.