"Le Bûcher des Sexes", interview de Brigitte Lahaie

Brigitte Lahaie Le Bûcher des sexes

Il y a trente ans, elle écrivait « Moi, la scandaleuse ». Aujourd’hui, toujours aussi fidèle à sa réputation, Brigitte Lahaie livre dans son dernier ouvrage une parole à contre-courant. Un état des lieux des relations hommes-femmes teinté d’inquiétudes et de prises de positions. Nourri de statistiques et d’expériences personnelles.

En janvier dernier, en plein ouragan Weinstein, Brigitte Lahaie énonce face à Caroline de Haas un phénomène que l’on tait bien qu'il soit entériné par de nombreux spécialistes. Sitôt la phrase dite, sitôt est-elle reprise sur les réseaux sociaux, justiciers intransigeants. De grands médias vont même jusqu’à l’accuser de faire l’apologie du viol. En toile de fond, se dessinent évidemment des blessures de femmes. Mais une noble cause ne justifie pas une injuste peine. Alors Brigitte Lahaie accepte de se rendre deux jours plus tard sur un plateau de télévision pour s’expliquer, à la place elle fondra en larmes.  

Pendant un moment elle ne s’exprime plus. On ne l’entend qu’au micro de Sud Radio. Toujours à l’écoute de milliers d’auditeurs. Après plusieurs mois de silence elle revient avec ce livre « Le Bûcher des sexes »*, plus déterminée que jamais à laisser s’exprimer cet autre courant de pensée. Loin d’être un acte de repentance, cet essai se veut être un cri en faveur de la juste mesure. Un besoin de dire non. D’oser. De ne plus avoir peur de l’autre. 

5 questions à Brigitte Lahaie

Dans le contexte sociétal actuel, pensez-vous que l'on puisse défendre publiquement les hommes sans être de facto contre les femmes ? 

Il est sain que la parole se libère. Quant à ma parole et mes prises de positions, elles ont pour but de trouver la juste mesure. Toutes les femmes ne sont pas des victimes et tous les hommes ne sont pas violents. 

Quelle est la genèse de ce livre ?

J’avais déjà écrit quelques idées pour expliquer à quel point il fallait éviter de tomber dans la victimisation systématique des femmes, ce que semblait provoquer la campagne « metoo ». Puis j’y avais renoncé et j’ai donc signé cette fameuse tribune. Puis lorsque j’ai été attaquée violemment pour avoir prononcé une vérité inaudible, j’ai eu le sentiment qu’il fallait que j’ose exprimer « ma vérité » sur ce que sont et devraient être les rapports entre les hommes et les femmes 

Sur quoi vous êtes-vous appuyée pour écrire le livre ?

Sur mon expérience et mon sentiment car c’est un livre qui vient du cœur avant tout. Mais bien sûr aussi sur toutes les confidences intimes de toutes ces femmes et ces hommes que j’écoute depuis bientôt 20 ans. Je m’appuie aussi sur mes connaissances accumulées en matière de sociologie, sexologie et psychologie grâce notamment à mes invités qui m’accompagnent dans mes émissions.

Vous écrivez « À tout mélanger, il devient impossible de réguler les violences ». Selon vous quand est-ce que la drague devient du harcèlement ? 

La drague serait une séduction accentuée  qui ne nous intéresse pas. Quant au harcèlement, ce serait une drague qui nous met mal à l’aise voire qui nous humilie ou nous agresse. Or, ce sont des notions terriblement subjectives, voilà pourquoi il est si compliqué de poser des limites claires. 

Après avoir dressé un constat plutôt alarmiste et avoir mis en garde contre les dangers d'une guerre des sexes, vous proposez des solutions. Quelles sont-elles et comment les avez-vous mûries ? 

Je milite depuis longtemps pour une éducation affective qui aiderait les filles et les garçons à mieux se comprendre et à mieux se respecter. Cela permettrait d’accepter les différences sans en avoir peur. Il est indispensable d’aider les femmes à se faire respecter dès leur plus jeune âge et d’aider les garçons à gérer leurs pulsions. De même, il faudrait former de nombreux acteurs de la société à comprendre les rapports complexes entre les hommes et les femmes. L’atmosphère actuelle tend à nous monter les unes contre les autres. 

* « Le bûcher des sexes », paru le 2 mai 2018 aux éditions Albin Michel 

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Anonyme
- Lundi 28 mai 2018 à 01:26
Merci pour avoir oser vous rebeller à vos périls contre cette bien bienpensance féministe. Contrairement à ce qu'il raconter, elles sont surreprésentée dans les médias, films, etc et souhaite un modelè à l'Américaine alors que ça n'a rien réglé du tout sur les violences et ça a rajouter des diffamations contre des hommes. Même des juges femmes de là bas sont consterner par ça.

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