L’administration, l’Eglise et les compagnies : les trois piliers de la colonisation française

De la colonisation à la mondialisation Denis Sassou-Nguesso, président de la République Démocratique du Congo, était l’invité d’André Bercoff sur Sud Radio le mardi 17 janvier dans "Bercoff dans tous ses états". Il livre une vision sans concessions sur le monde d’aujourd’hui.

Denis Sassou-Nguesso
Denis Sassou-Nguesso, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio

Cela fait plus de quarante ans que Denis Sassou-Nguesso est aux affaires, en République Démocratique du Congo. Il revient sur Sud Radio sur son rapport avec la France, avec sa colonisation. Un regard sans langue de bois.

"L’administration domestiquait les populations"

"La France s’est appuyée sur trois piliers pour la colonisation  : l’administration, l’Eglise catholique et les compagnies concessionnaires. La colonisation avait quand même pour but principal, non pas le développement des territoires, mais la prise en main des territoires avec leurs richesses et l’exploitation de ces richesses au profit de la métropole", déclare Denis Sassou-Nguesso, président de la République Démocratique du Congo, sur Sud Radio. Le ton est donné.

Le président de la RDC expose un regard assez critique sur la période coloniale. "L’administration domestiquait les populations, les compagnies concessionnaires les exploitaient comme cela. Quant à la religion, l’Eglise catholique, plus que l’administration, a mis en place des écoles, a appris à lire et à écrire. Même chez nous, l’enseignement était confié à l’Eglise, par l’administration", ajoute Denis Sassou-Nguesso. 

De la colonisation à la mondialisation

De la colonisation à la mondialisation, il n’y a parfois qu’un pas. Denis Sassou-Nguesso n’en est pas moins acerbe à ce sujet. "Il y a des organisations qui poursuivent un but d’enrichissement à tout prix, quel que soit le moyen employé. Dans d’autres ordres, ce sont les règles de droiture, de morale, de vie même simple qui priment", estime le président de la RDC, considérant que deux mondes cohabitent aujourd’hui, sans avoir les mêmes buts.

S’agissant des "nouveaux basculements du monde", Denis Sassou-Nguesso s’interroge : "a-t-on besoin d’un monde unipolaire ? Non". "Si on pouvait arriver à une situation où les peuples échangent et coopèrent. Il y a toutes les possibilités pour cela dans un climat de paix. C’est peut-être de l’idéalisme mais enfin. Nous sommes régis par des rapports de force", conclut-il.

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