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Jean-Pierre Gorges : "L'équilibre des retraites est une erreur"

Par Jean Baptiste Giraud

Jean-Pierre Gorges, maire de Chartres, était l'invité de "Bercoff dans tous ses états" le 30 mars 2023 sur Sud Radio.

Jean-Pierre Gorges
Jean-Pierre Gorges, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Jean-Pierre Gorges estime que ni l'âge, ni l'équilibre financier ne doivent êtres des fétiches dans un système des retraites.

 

Jean-Pierre Gorges : "D’un président à un autre, il y a un virage à 180 degrés"

"Je suis á un âge où je peux dire que je vais finir tranquille. Mais je suis inquiet parce que je vois qu’il n’y a pas de vision. D’un président à un autre, il y a un virage à 180 degrés. Le pays va mal dans plein de domaines. Tout ce qui se passe en matière d’inflation, du coût de l’électricité, c’est une catastrophe. Il y a des augmentations de 30%, 50%, parfois 100%. L’agglomération aide, mais jusqu’où peut-on tenir ? En même temps, on nous diminue les dotations de fonctionnement. Les maires se battent pour réduire et arriver à l’équilibre. Parce que face à une collectivité qui n’est pas à l’équilibre, c’est le préfet qui prend la main.

 


Au sein de notre agglomération, on a créé une dotation de solidarité communautaire : on distribue de l’argent à toutes les communes, on fait des fonds de concours pour que les communes continuent à investir, on prend en charge beaucoup de services qui ne sont pas dans leurs compétences… Je cherche toutes les astuces pour faire que les communes continuent d’exister", a déclaré Jean-Pierre Gorges.

"L’âge devrait être intégré de façon beaucoup plus variable dans le système des retraites"

Quel regard Jean-Pierre Gorges porte-t-il sur la réforme des retraites ? "L’âge est-il le problème ? C’est là qu’est l’erreur. On oublie que la société a évolué : il y a des gens qui peuvent partir à 50 ans, d’autres à 75 ans. En plus, les carrières ne sont pas linéaires : prenez les infirmières. Une infirmière va dire : je pars à 50 ans. Elle aura une décote certes, mais elle aura un bonus en raison de la pénibilité de son métier. Elle aura donc sa retraite et va partir faire autre chose. Prenez aussi les personnes issues de l’immigration : en général, ces gens ont fait des boulots pénibles. À 50 ans, ils voudront retourner au pays. Et leur retraite, même si elle comporte une décote, va leur donner un pouvoir d’achat énorme là-bas. Ils accepteront bien sûr la décote. Alors, je dis : qui a fixé ce débat sur 62 ou 64 ans ?.

Le système des retraites est un système construit depuis des années, où les gens ne font que des modifications sur des modifications. L’âge devrait être intégré de façon beaucoup plus variable. Et la deuxième erreur, c’est l’équilibre des retraites. Quelqu’un qui a une retraite aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’il ne participe pas à la création de richesse dans le pays, parce qu’il l’a construite en travaillant."

 


"D’une manière générale, c’est un pays qui est devenu suradministré. Le général de Gaulle, c’est la guerre qui l’a créé. Aujourd’hui, je ne pense pas que l’ENA puisse créer un génie. On le voit avec le système électoral, qui est construit pour toujours amener les mêmes au pouvoir", a déclaré Jean-Pierre Gorges.

 

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Retrouvez “Le face à face” d'André Bercoff chaque jour à 12h30 dans "André Bercoff dans tous ses états" Sud Radio.

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