Islamisme : en France, "on est très en retard" sur la politique pénale, estime Béatrice Brugère

Quand on évoque l’islamisme en France, on parle bien souvent, évidemment hélas, du terrorisme. Mais il y a d’autres aspects à aborder. Notamment en ce qui concerne la réponse pénale. Pour en parler, Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat FO-Magistrats, était l’invitée de “Bercoff dans tous ses états" pour son livre "Vaincre l’islamisme" aux éditions du Cerf.

Béatrice Brugère
Béatrice Brugère, invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Quelle réponse pénale aux dérives islamiques en France ? C’est tout l’objet du dernier ouvrage, collaboratif, de l’ancienne juge antiterroriste Béatrice Brugère. Magistrate, secrétaire générale du syndicat FO-Magistrats, elle participe à cet ouvrage publié aux éditions du Cerf, Vaincre l’islamisme. Un ouvrage qui ne se contente pas d’apporter une réponse antiterroriste à l’islamisme radical. Et qui va plus loin, notamment en matière de sanctions pénales.

La politique pénale ou les objectifs du gouvernement

"Sur le terrorisme, un sujet qui nous occupe depuis de nombreuses années dans les débats publics et dans les débats juridiques, on peut dire aujourd’hui qu’on a un arsenal législatif très précis, très fourni, assez complet qui au fur et à mesure s’est traduit en terme d’organisation", explique Béatrice Brugère au micro de Sud Radio. Voilà pour le volet lutte antiterroriste.

Dans l’ouvrage Vaincre l’islamisme, publié aux éditions du Cerf, ouvrage auquel participe l’ancienne juge antiterroriste, Béatrice Brugère s’interroge sur la politique pénale en matière d’islamisme. "La politique pénale, c’est la politique du gouvernement. Il conduit des politiques publiques, et concernant la politique pénale, c’est le ministre de la Justice qui détermine par des circulaires les objectifs", rappelle-t-elle.

Face à l’islamisme, quelle politique pénale ?

Ces politiques pénales sont évaluées chaque année, par la Cour des comptes notamment, mais aussi par le Sénat. "Une politique pénale, il faut qu’elle existe, qu’elle marche et qu’elle soit évaluée", précise la magistrate. S’agissant de l’islamisme, cette dernière a voulu savoir si la politique pénale spécifique était pensée, organisée, et surtout, efficace. Se pose dès lors la question de la pénalisation de l’idéologie en tant que telle.

"Il n’existe pas d’infraction pénale. C’est très difficile à définir puisque l’islamisme est un mot valise. Il nous reste les conséquences de cette propagande sur le plan pénal", précise Béatrice Brugère. Une politique pénale qu’il faut encore définir, mettre en œuvre, améliorer et contrôler. Comme le dit Béatrice Brugère : "en France, on est très en retard".

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