Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une nouvelle réduction drastique de 125 millions d’euros dans les ressources du réseau des Chambres de commerce et d’industrie (CCI), soit une baisse de 25 % de leur budget. Cette décision intervient dans un contexte économique tendu, marqué par une hausse des défaillances d’entreprises et des besoins croissants des TPE-PME. Les conséquences s’annoncent lourdes : capacité d’accompagnement réduite, formation fragilisée et menace sur le développement économique des territoires.
Un accompagnement menacé au pire moment
Jamais les entreprises n’ont autant sollicité les CCI. En 2025, plus de 1,2 million d’entreprises et de porteurs de projets ont été accompagnés, soit une progression de 5,7 % en un an. Cette hausse reflète les défis majeurs auxquels font face commerçants, TPE et PME, confrontés aux transitions écologique et numérique. À la fin juillet 2026, 70 605 défaillances d’entreprises étaient recensées en France sur douze mois. Réduire les moyens des CCI, c’est priver les chefs d’entreprise d’un soutien de proximité, au moment où ils en ont le plus besoin pour sécuriser leur activité, investir et se projeter.
Le risque dépasse le seul avenir du réseau consulaire : il s’agit d’un possible décrochage d’une partie du tissu économique français, notamment dans les territoires les plus fragiles.
Une CCI sur deux menacée ?
Le financement des CCI n’est pas une simple dépense publique, mais un investissement rentable : chaque euro confié génère 5,30 euros de valeur pour l’économie française (enquête OpinionWay 2025). Réduire ces ressources alors que les besoins augmentent pose une question de fond : quelle économie réelle pour les finances publiques si cela se traduit par moins d’entreprises accompagnées, moins d’investissements sécurisés et moins de recettes fiscales ?
Avec une telle baisse, près d’une CCI sur deux pourrait être contrainte de fermer ses portes. Cela affecterait directement la capacité à accompagner les entreprises, former les apprenants et maintenir des services économiques de proximité. Les effets seraient irréversibles : entreprises sans accompagnement, compétences perdues.
Un impact direct sur la formation
En 2025, le réseau des CCI a formé plus de 500 000 personnes, dont 210 000 salariés, 133 000 apprentis, 100 000 étudiants et plus de 23 000 demandeurs d’emploi. Premier formateur après l’Éducation nationale, les CCI sont un pilier de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Réduire leurs moyens, c’est fragiliser la formation de centaines de milliers d’apprentis et de salariés, alors même que les entreprises peinent à recruter les compétences nécessaires.
Alain Di Crescenzo : « Les jeunes et les territoires, les premiers touchés »
« Ce sont les entreprises, les jeunes et les territoires qui seraient les premiers touchés par cette baisse, alerte Alain Di Crescenzo, Président de CCI France. Réduire de 125 millions d’euros notre capacité d’action, c’est prendre le risque de laisser davantage nos entreprises, et notamment nos TPE-PME, seules face à leurs difficultés et de fragiliser la formation d’un demi-million de personnes. Économiser 125 millions aujourd’hui sur l’accompagnement des entreprises et la formation coûtera bien davantage demain à l’économie française. »
Un outil déjà largement mis à contribution
Depuis 15 ans, les CCI ont vu leurs ressources baisser de 64 %, tout en se transformant pour gagner en efficacité. Cette nouvelle coupe budgétaire remettrait en cause la dynamique de modernisation engagée et priverait l’État d’un acteur clé du développement économique local.
CCI France et l’ensemble du réseau appellent le Gouvernement et les parlementaires à revenir sur cette réduction de 125 millions d’euros et à garantir une trajectoire budgétaire stable, pour préserver leur capacité à accompagner les entreprises, former les jeunes et soutenir le développement des territoires.