Le Puy du Fou est aujourd’hui devenu une véritable industrie du divertissement. Quelle est sa dimension économique ?
Nous avons aujourd’hui environ 5 000 personnes qui travaillent au Puy du Fou. Nous parlons de 5 000 talents, parce que derrière le parc, il y a énormément de métiers et de savoir-faire différents.
Il y a évidemment les artistes et les équipes qui travaillent sur les spectacles, mais aussi l’hôtellerie, la restauration, la technique, la création, la production, l’accueil des visiteurs et toutes les fonctions qui permettent de faire fonctionner un groupe de cette dimension.
« Notre objectif est de devenir un fleuron français qui fait rayonner la France »
C’est une grande joie de pouvoir faire vivre autant de personnes et autant de familles grâce à cette aventure. Notre objectif, même si nous le faisons avec un cœur d’enfant, est clairement de devenir un fleuron français capable de faire rayonner la France à travers le monde.
Le Puy du Fou s’est déjà implanté en Espagne. Vous préparez désormais un projet en Angleterre. Est-ce une nouvelle étape dans votre développement ?
Oui. Nous avons réussi à développer notre modèle en Espagne et nous préparons aujourd’hui un projet en Angleterre, près d’Oxford. Mais notre ambition n’est pas simplement de prendre le Puy du Fou français et de le reproduire à l’identique dans chaque pays. C’est même tout le contraire.
🇬🇧 Bientôt un Puy du Fou à Oxford, au Royaume-Uni ? #GrandMatinWeekEnd
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🗣️ Nicolas de Villiers, président du @PuyduFou : "Nous allons puiser toute la matière et l’imaginaire historiques de l’Angleterre pour reproduire le modèle français"
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En Espagne, nous puisons dans l’histoire espagnole. En Angleterre, nous allons puiser dans l’histoire anglaise. Nous allons chercher la matière historique, l’imaginaire, les légendes et tout ce qui constitue une culture commune. C’est cette matière qui devient ensuite la base de nos spectacles.
Nous conservons notre signature artistique, celle que nous avons construite au fil des années, mais les histoires racontées doivent être profondément enracinées dans le pays où nous nous installons. Le public anglais ne viendra pas nécessairement voir une histoire française transposée en Angleterre. Il viendra découvrir sa propre histoire, racontée avec les codes artistiques du Puy du Fou.
C’est donc un modèle qui pourrait être reproduit dans d’autres pays ?
Je le crois profondément. La plupart des pays possèdent une richesse historique, culturelle et légendaire considérable. Il existe partout des personnages, des batailles, des épopées, des mythes et des périodes historiques susceptibles de nourrir des spectacles.
Notre travail consiste ensuite à transformer cette matière historique en émotion. C’est ce qui fait la particularité du Puy du Fou : nous ne cherchons pas simplement à raconter une histoire. Nous cherchons à la faire vivre.
✨ Comment expliquer le succès du Puy du Fou ? #GrandMatinWeekEnd
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🗣️ Nicolas de Villiers, président du @PuyduFou : "Nous n’avons pas misé sur des attractions classiques. Toutes les générations peuvent vivre ensemble les mêmes émotions !"
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« L’histoire devient la matière première de nos spectacles »
Le visiteur devient en quelque sorte le témoin d’un récit. C’est ce modèle que nous souhaitons pouvoir déployer dans un certain nombre de pays du monde.
Le Puy du Fou a pourtant fait un choix économique très différent de celui des grands parcs internationaux. Vous n’avez pas misé sur les montagnes russes ou les attractions à sensations. Pourquoi ?
Je crois que c’est effectivement l’une des clés du modèle.
Les parcs de loisirs traditionnels ont souvent été construits autour d’attractions qui peuvent segmenter les visiteurs. Certaines sont par exemple difficilement accessibles aux personnes âgées, aux femmes enceintes ou aux très jeunes enfants. Nous avons fait un choix différent.
Au Puy du Fou, l’objectif est que les familles puissent vivre les spectacles ensemble. Les parents, les enfants et les grands-parents peuvent partager la même expérience et ressentir la même émotion. C’est extrêmement important pour nous. Nous avons finalement conçu le parc comme une succession d’épisodes.
Chaque spectacle raconte une histoire différente, avec une époque différente, une atmosphère différente et des personnages différents. Le visiteur passe ainsi d’un univers à l’autre, un peu comme lorsqu’on regarde plusieurs épisodes d’une série.
« Tous les continents sont potentiellement concernés »
Ce modèle peut-il fonctionner en dehors de l’Europe ?
Pourquoi pas. Nous n’avons pas d’autre limite que le monde lui-même.
Bien sûr, chaque implantation doit avoir du sens. Il faut disposer d’une richesse historique et culturelle suffisante pour pouvoir créer un univers cohérent. Mais il existe sur tous les continents des civilisations, des légendes et des histoires extraordinaires. Notre ambition est donc internationale.
Mon rêve, c’est que les enfants du monde entier rêvent d’aller un jour dans un Puy du Fou. Pour cela, il faudra évidemment que nous soyons un jour présents sur plusieurs continents. On pourrait donc imaginer demain un Puy du Fou en Asie, en Amérique du Sud, en Australie ou ailleurs.
Vous avez également beaucoup développé l’hôtellerie. Pourquoi est-ce devenu un élément aussi important ?
D’abord parce que le Puy du Fou est situé loin des grandes villes. Il fallait donc permettre aux visiteurs de faire du parc une véritable destination.
Ensuite, le nombre de spectacles et d’expériences proposés a considérablement augmenté au fil des années.Aujourd’hui, une seule journée ne suffit plus nécessairement pour découvrir l’ensemble du parc.
Une grande partie de nos visiteurs reste ainsi deux ou trois jours. Les hôtels sont donc devenus le prolongement naturel de l’expérience. Nous ne voulons pas simplement proposer une chambre à proximité du parc. Nous voulons prolonger le voyage dans le temps.
C’est pourquoi nos hôtels sont thématisés. Lorsque le visiteur quitte le parc, l’expérience ne s’arrête pas nécessairement à la sortie d’un spectacle. Elle se poursuit dans son hébergement. Cela permet de transformer une visite en véritable séjour.
« Nous sommes très heureux lorsque notre modèle inspire »
Mathieu Pigasse lance en Seine-Saint-Denis, 'Populaire'. Votre succès fait désormais des émules ?
Je m’en réjouis. Lorsque des gens, quelles que soient leurs sensibilités ou leurs approches, veulent s’inspirer du Puy du Fou pour créer leur propre projet, c’est évidemment une reconnaissance.
🇫🇷 Avec 'Populaire', @MPigasse veut lancer un 'Puy du Fou de gauche' en Seine-Saint-Denis #GrandMatinWeekEnd
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🗣️ Nicolas de Villiers, président du @PuyduFou : "Je me réjouis de voir qu'on nous imite, on est devenu un exemple !"
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Cela signifie que notre modèle est devenu suffisamment identifiable pour être utilisé comme référence. On peut considérer que le nom Puy du Fou est désormais associé à une certaine manière de raconter l’histoire et de produire du spectacle vivant. Pour nous, c’est avant tout une motivation supplémentaire pour continuer à créer.
Certains projets souhaitent raconter d’autres aspects de l’histoire de France. Est-ce que cela vous gêne ?
Non. Chacun peut raconter l’histoire à travers le prisme qu’il souhaite. Ce qui m’intéresse dans notre démarche, c’est de savoir ce que nous voulons faire vivre au public.
Au Puy du Fou, nous avons choisi de nous concentrer sur des récits qui portent une forme d’espérance, qui donnent envie de regarder l’histoire avec passion et de faire émerger des émotions collectives. L’histoire de France est évidemment composée de pages glorieuses, mais aussi de périodes plus sombres.
Nous faisons un choix artistique : nous cherchons davantage à mettre en avant ce qui peut rassembler et donner envie de transmettre. Cela ne signifie pas que les autres pages de l’histoire n’existent pas.Simplement, ce n’est pas nécessairement notre vocation de les raconter de la même manière.
« Pour avoir un destin commun, il faut avoir des souvenirs en commun »
Finalement, est-ce le récit qui constitue le véritable succès du Puy du Fou ?
Je crois que c’est une partie essentielle de notre succès. Le Puy du Fou n’a jamais eu de complexe à puiser dans un imaginaire historique français. Nous pensons qu’un peuple peut avoir besoin de références communes, de personnages, de récits et de souvenirs partagés.
Pour avoir un destin commun, il faut aussi avoir des souvenirs en commun. C’est ce que nous essayons de créer avec nos spectacles.
Des personnes qui ne se connaissent pas arrivent dans une tribune, s’installent côte à côte et, pendant quelques dizaines de minutes, vont ressentir la même émotion.
C’est une expérience assez extraordinaire.
« Certains, par jalousie, nous projettent de fausses versions idéologiques »
Les thèmes du Puy du Fou peuvent-ils vraiment être considérés comme universels ?
Je le pense. Prenez les Vikings, les Romains, les mousquetaires ou les grandes figures historiques. Ce sont des personnages et des univers qui peuvent faire rêver un très grand nombre de personnes.
On ne demande pas à un Viking s’il est de droite ou de gauche. On est simplement face à un personnage historique ou légendaire qui appartient à un imaginaire collectif.
C’est justement ce qui nous intéresse. Le Puy du Fou n’a pas vocation à être un projet politique.Il est avant tout un projet artistique et culturel.Notre ambition est de permettre à des générations différentes de partager une même émotion.
🇫🇷 Avec 'Populaire', @MPigasse veut lancer un 'Puy du Fou de gauche' en Seine-Saint-Denis #GrandMatinWeekEnd
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🗣️ Nicolas de Villiers, président du @PuyduFou : "Le Puy du Fou n'est ni de droite ni de gauche ! Certains, par jalousie, nous projettent de fausses versions… pic.twitter.com/8FcTdA7dvj
Votre parc est pourtant régulièrement associé à une certaine sensibilité politique. Comment réagissez-vous à cela ?
Je pense que le Puy du Fou est ouvert à tout le monde. Nous accueillons des visiteurs qui ont des sensibilités, des parcours et des opinions très différents.
Notre ambition n’est pas de leur demander ce qu’ils pensent politiquement avant de leur permettre d'entrer dans un spectacle. Nous voulons leur raconter une histoire.
Lorsque quelqu’un vient voir les Vikings, les Romains ou les mousquetaires, il vient avant tout vivre une aventure. L’histoire appartient à tout le monde. C’est cette dimension universelle qui nous intéresse.
Après la France et l’Espagne, avec un projet en préparation en Angleterre, jusqu’où peut aller le Puy du Fou ?
Nous voulons continuer à grandir sans perdre ce qui fait notre identité. Notre ambition est de devenir un acteur international du divertissement tout en restant profondément attachés à notre modèle artistique.
Le développement international ne signifie pas que nous allons reproduire partout le même parc. Au contraire, chaque implantation doit raconter l’histoire du pays dans lequel elle se trouve.C’est probablement ce qui peut permettre au modèle d’être durablement exportable.
Nous avons aujourd’hui une signature artistique. Nous avons un savoir-faire. Nous avons une méthode. Mais les histoires, elles, peuvent changer. Et c’est précisément ce qui rend l’aventure passionnante. Notre rêve reste finalement très simple : que des enfants, en France, en Espagne, en Angleterre et demain peut-être ailleurs dans le monde, puissent se dire qu’un jour ils aimeraient aller au Puy du Fou.
C’est cette envie-là qui nous pousse à continuer.