singlesud.php

Le sport amateur au bord du gouffre à cause de la flambée du prix des carburants

REPORTAGE SUD RADIO - Des milliers de clubs amateurs subissent la flambée des prix à la pompe. À Gardanne (Bouches-du-Rhône), le club de rugby doit prévoir 3 000 à 5 000 euros de carburant en plus par an, et certaines équipes renoncent déjà à des déplacements.

Le sport amateur au bord du gouffre à cause de la flambée du prix des carburants
France, Occitanie, Hautes-Pyrenees, Castelnau-Magnoac, 2022-01-19. Training session in the cold and the mud, but with the joy of being together. Push-ups and sheathing to build up the upper body. Photograph by Lilian Cazabet / Hans Lucas. France, Occitanie, Hautes-Pyrenees, Castelnau-Magnoac, 2022-01-19. Seance d entrainement dans le froid et la boue, mais avec la joie de se retrouver. Seance de pompes et gainages pour muscler le haut du corps. Photographie de Lilian Cazabet / Hans Lucas. (Photo by Lilian Cazabet / Hans Lucas via AFP)

La crise des carburants menace jusqu’au sport amateur. Habitués à traverser des dizaines voire des centaines de kilomètres chaque week-end, les équipes amateurs sont en première ligne de l’explosion des prix. Au micro de Sud Radio, Maïa Cioli, présidente d'un club de rugby de Gardanne (Bouches-du-Rhône), explique que « ces prix à la pompe pèse très très lourd ». Elle explique qu’un « club amateur a du mal à vivre et à survivre, mais alors quand il y a des impondérables comme ça, c'est presque catastrophique. »

3 000 à 5 000 euros d'essence en plus par an

« On a des charges qui nous tombent dessus, auxquelles on ne s'attendait pas », dévoile-t-elle. Résultat : continuer comme avant devient impossible. « On doit donner encore plus pour pouvoir arriver à faire rentrer de l'argent », souligne la dirigeante, qui rappelle que ce travail reste du bénévolat.

« Outre les frais généraux des minibus, à l'année, je vais rajouter trois, quatre mille, peut-être cinq mille euros d'essence », estime Maïa Cioli. La raison est simple : toutes les catégories du club, des enfants aux adultes, se déplacent. Les trajets, même modérés, pèsent vite : un déplacement comme Gardanne-Nice, « c'est deux heures de route, c'est les péages, c'est le retour aussi ». 

« C'est mort, on doit faire avec »

Et rien n'indique que la situation va s'améliorer : interrogée sur l'évolution des prix, la présidente constate qu'ils ne bougent pas, ou augmentent, et estime : « C'est mort, on doit faire avec ». Une situation entraîne des conséquences sportives déjà visibles. « À la fin de l'année dernière », deux catégories n'ont pas effectué de « gros déplacements », l'un à Nice, l'autre dans le Vaucluse explique la présidente. Seulement, « si on veut rester dans la compétition, il faut les faire ces matchs ». Sinon, prévient-elle, « la ligue va sanctionner, ce qui est normal ».

Lotos, tombolas, covoiturage : le système D

Pour compenser, le club multiplie les initiatives. « On essaye de faire plus d'événements, des petites soirées, des fêtes du club, des lotos, des tombolas », détaille Maïa Cioli. Le club vend aussi des vêtements dans sa boutique, écoule d'anciens jeux de maillots et prévoit d'organiser une brocante.

Les familles sont également mises à contribution : « On essaye de voir avec les parents s'ils ne veulent pas faire du covoiturage pour pouvoir amener les enfants au tournoi. » Car, pour la présidente, la ligne est claire : « Je ne peux pas dire aux enfants : non, je ne vous inscris pas. On est en perpétuelle recherche de ce qu'on peut faire. On se bat énormément ».

Le risque : perdre les jeunes, puis le club

Pour l'instant, les familles tiennent. Elle explique que les parents ne retirent « pas encore » leurs enfants du club à cause du coût des trajets. Mais elle s’inquiète : « Si je n'ai plus d'enfants, je n'ai plus d'école de rugby, et je n'ai plus de club. Je pense qu'on n'est pas le seul club, tous les clubs, tous sports confondus, on est dans ce cas. »

1,5 M€ de bons d'essence distribués par la FFF

Car oui, le problème dépasse le simple cadre de ce club de rugby. Côté football, la situation est similaire et la Fédération française de football a décidé d'agir. La FFF va distribuer une enveloppe de 1,5 million d'euros sous forme de bons de carburant, avec une aide variable selon la taille des clubs.

Maïa Cioli espère un geste équivalent du côté du rugby : « Franchement, oui, c'est ce qu'on espère. » Pour elle, l'enjeu dépasse la gestion : « Si notre but, c'est de faire vivre le sport et le rugby en particulier, je ne peux pas m'imaginer ne plus avoir de club dans la ville de Gardanne. »

L'info en continu
15H
14H
13H
12H
11H
Revenir
au direct

À Suivre
/