"La grande méprise entre les enseignants du primaire et les parents d’élèves. La relation est toujours plus abimée et connait une dégradation constante, selon la vaste enquête menée auprès de 2800 directeurs d’écoles par le chercheur Georges Fotinos, qui soulève un grand nombre d’interrogations. Comment peut-on avoir simultanément 58 % de relations jugées bonnes ou excellentes et pourtant une explosion des différends, des menaces, des agressions physique, couplée avec une baisse de la confiance ?"
"L'école doit rester un sanctuaire"
"La question posée est de savoir s’il faut continuer de laisser les parents d’élèves entrer à l’école et se comporter en véritables « consommateurs », eux qui donnent leur avis à tout bout de champ et multiplient les reproches sur les programmes, la pédagogie, les sanctions.Les parents se prennent pour des clients-rois à qui l’on doit tout. L’école est devenue un service à leurs yeux, alors qu’elle doit rester un sanctuaire"
"Le résultat le plus contre-intuitif de cette enquête est que les écoles REP/REP+, celles des quartiers & des secteurs isolés qui concentrent les plus grandes difficultés sociales, semblent parfois mieux résister que les autres à la dégradation des relations. Ce qui va à rebours de nombreux clichés"
"Il y a une montée en puissance d’une ultraviolence qui touche les plus jeunes"
"Mais la tentation est grande pour un certain nombre de directeurs d'idéaliser le passé. Alors que les parents, au fil des décennies ont toujours contesté l'école d'une manière ou d'une autre. Ce qui a changé aujourd’hui est la montée en puissance d’une ultraviolence qui touche les plus jeunes, l’irruption massive des écrans qui affaiblissent l’attention des élèves et la désaffection croissante de parents qui n’assument plus leur rôle. La relation se dégrade, elle frise le toboggan, mais il n’est pas trop tard pour un sursaut salutaire. C’est une urgence plus que pédagogique. Les jeunes élèves d’aujourd’hui seront la Nation de demain"