« Il faut absolument que les femmes se fassent dépister ». En France, 1 femme sur 8 est touchée par le cancer du sein rappelle l’Institut National du Cancer, durant ce mois d'Octobre rose. Un chiffre qui révèle l’importance de sensibiliser toujours davantage la population, aucune femme n'étant à l’abri de tomber malade. « C’est absurde de mourir d’un cancer du sein sous prétexte qu’on était convaincu que ça ne pouvait pas nous arriver », estime d’emblée Christian Jamin, gynécologue et endocrinologue, au micro de Sud Radio.
« La mammographie permet d’établir un diagnostic précoce »
Un acte de dépistage peut faire toute la différence : la mammographie. Prendre rendez-vous chez un radiologue permet de repérer des anomalies invisibles à l'œil nu et impossibles à détecter à la palpation bien avant l'apparition de symptômes. « La mammographies permet d’établir un diagnostic précoce et d’augmenter considérablement le taux de guérison », souligne Brigitte Lahaie, tout en déplorant “qu’il existe encore nombre de femmes qui passent outre par négligence”.
« La prévention ne rend pas malade »
Alors à quel âge faut-il se faire dépister ? Tout dépend de votre niveau de risque. Il faut savoir que 80 % des cas se développent après 50 ans. L’assurance Maladie propose ainsi le programme national classique, offrant un examen aux femmes âgées entre 50 et 74 ans qui ne présentent pas de symptômes particuliers. En revanche, pour celles qui portent des facteurs de risque spécifiques, les examens commencent plus tôt, souvent dès 30 ou 40 ans, sur prescription médicale. Il est également recommandé de réaliser une palpation des seins par un professionnel une fois par an dès 25 ans.
Mais attention à vous mesdames, qui penseraient vous tenir hors de danger une fois l’âge de fin de dépistage gratuit passé. « Tout le monde est persuadé qu’après 74 ans il n’y a plus aucun risque, ce qui est totalement faux », alerte l’expert. En effet, une grande partie de la mortalité due au cancer du sein touche des femmes très âgées qui avaient justement cessé de se faire dépister.
Combattre le sentiment de culpabilité
« Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? », « pourquoi moi ? », « je n’ai pas su prendre soin de moi »... Autant de pensées douloureuses qui peuvent envahir l’esprit de ces femmes que rien, pourtant, ne prédestinait à la maladie. Face à ce sentiment de culpabilité, Brigitte Lahaie conseille d’en tirer une force positive : « la responsabilité qu’on se donne à nouveau, afin de reprendre du pouvoir sur sa propre existence et de devenir maître de soi ».
Les statistiques, de leur côté, s'efforcent d’apporter des explications plausibles, sans pour autant détenir la vérité absolue. « On voit bien que chaque individu est un cas particulier, cela peut tomber sur une personne qui ne courait pourtant aucun risque », nuance l’animatrice de Sud Radio (tous les jours de 14 à 16h). Si des facteurs comportementaux comme le surpoids, le tabagisme ou le stress sont bien connus, un élément lié à la biologie entre également en compte.
La grossesse précoce, un facteur de protection
L’âge de la première grossesse menée à terme joue un rôle protecteur essentiel. « Plus on a un enfant tôt et plus on l’allaite, moins on a de risques de développer un cancer du sein », précise le gynécologue invité à l'antenne. Ce dernier justifie ce facteur de protection par la maturité cellulaire : la période de fragilité du tissu mammaire s'étend de la puberté jusqu'au premier accouchement, un événement biologique majeur qui achève enfin le développement complet et définitif du sein.
« C’est du cas par cas, c’est très complexe et chaque femme va traverser son combat comme elle le peut », rappelle Brigitte Lahaie. Même si les progrès médicaux permettent aujourd'hui à près de 9 femmes sur 10 de guérir, « on a encore du chemin à faire », conclut Christian Jamin.