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Vols dans les cimetières de l’Ouest : l’inquiétude grandit dans certaines communes

Par Quentin Barbaza

Depuis le début du mois d’avril, une série de vols et de dégradations touche plusieurs cimetières de l’Ouest de la France. Des statuettes en bronze, parfois lourdes et solidement fixées, sont arrachées aux tombes. Face à ces actes jugés « scandaleux », élus et habitants appellent à la vigilance tandis qu’une enquête est en cours.

Des dizaines de cimetières de l'Ouest de la France sont frappés par des vols et actes de vandalisme Crédits : LP/Estelle Dautry

Dans plusieurs départements de l’Ouest, notamment en Mayenne, en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan, les mêmes scènes se répètent : des tombes abîmées, des stèles endommagées et des objets funéraires disparus. Selon les premiers éléments, des dizaines de sépultures ont été touchées ces derniers jours, avec un mode opératoire similaire.

Les voleurs s’attaquent principalement à des statuettes religieuses en bronze, souvent fixées sur les monuments funéraires. Dans certains cas, ces objets pesant plusieurs dizaines de kilos ont été arrachés, ne laissant derrière eux que des traces de fixation. Elle faisait près 60 centimètres de hauteur, pesait 50 à 60 kilos, se désole Serge, habitant de Fontaine-Couverte (Mayenne) dont la sépulture familiale a été vandalisée. Ça nous a fait mal parce que ce sont nos parents qui sont là. On vole des choses que la famille a posé pour eux.

Au total, plusieurs dizaines de pièces auraient été dérobées, et une quinzaine de communes seraient concernées par cette vague de vols.

Une motivation économique

Dans les petites communes touchées, les maires dénoncent unanimement des actes « inacceptables ». « Je suis allé porter plainte au nom de la commune », déclare Jérôme Baslé, maire de Fontaine-Couverte.

Les enquêteurs privilégient pour l’heure une motivation économique. Le bronze, principale cible des voleurs, peut être revendu facilement dans les filières de recyclage de métaux, à un prix moyen d’environ cinq euros le kilo. « On ne sait pas si ce sont des actes isolés ou si un gang sévit, mais les cours du bronze augmentent, cela a de la valeur à la refonte », avoue au micro de Sud Radio, Ronan Loas, maire de Ploemeur dans le Morbihan.

Une sécurisation difficile des sites

Protéger efficacement les cimetières reste un défi pour les communes, souvent rurales et disposant de moyens limités. « Rien qu’à Ploemeur en plus de l’église, j’ai six chapelles, on a que dix doigts... sécuriser 100 % des secteurs, on ne peut pas, on n’a pas les moyens », explique l'édile.

« On ne va pas murer un cimetière », résume Evelyne Claerebout, maire de Ballots (Mayenne), soulignant l’impossibilité de transformer ces lieux de recueillement en espaces sécurisés à l’extrême.

Une inquiétude qui dépasse les communes touchées

Si les faits restent localisés, leur répétition suscite une inquiétude plus large. Dans toute la région, des municipalités surveillent désormais de près leurs cimetières, redoutant une extension du phénomène.

En attendant les résultats de l’enquête, les autorités misent donc sur la vigilance collective et la remontée systématique des incidents. Face à la répétition des faits, des rondes et des visites plus fréquentes des cimetières sont parfois organisées par les mairies en lien avec la gendarmerie.

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