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Violences faites aux enfants : un guide pour les professionnels annoncé par Sarah El Haïry

Protéger, prévenir, accompagner : face aux violences faites aux enfants, la Haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a annoncé jeudi la diffusion d'un guide à destination des professionnels de l'enfance pour repérer les premiers indices et accueillir la parole lorsqu'elle se libère.

Sarah El Haïry présente un guide sur les violences faites aux enfants lors d'une conférence.
Thibaud MORITZ - AFP/Archives

Protéger, prévenir, accompagner : face aux violences faites aux enfants, la Haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a annoncé jeudi la diffusion d'un guide à destination des professionnels de l'enfance pour repérer les premiers indices et accueillir la parole lorsqu'elle se libère.

"En tant que professionnels, vous êtes en première ligne", a rappelé Sarah El Haïry sur Sud Radio. Or il est difficile pour le professionnel confronté à "des faits d’une extrême gravité", d'"adopter une posture d’écoute, de calme, de non-jugement et de non culpabilisation, tout en sachant vers qui se tourner pour alerter et protéger", souligne la Haute-commissaire à l'Enfance.

Le document sera distribué aux professionnels de l'éducation, de la santé, du sport ou de l'animation qui sont invités à prêter attention à un faisceau d'indices comportementaux, physiques ou scolaires.

En complément, "un module de formation gratuit, de 6 h et libre d'accès" sera disponible sur le site du ministère de la Santé, "parce que nous avons besoin que tout le monde ouvre les yeux sur les drames que peuvent connaître nos enfants", a-t-elle ajouté.

Parmi les signaux d'alerte, en plus des blessures récurrentes qui peuvent accompagner la violence physique, figurent notamment un isolement soudain, une tristesse persistante, une anxiété excessive ou encore des troubles du sommeil.

Dans le cadre scolaire, les professionnels sont encouragés à rester vigilants face à l'absentéisme, à une chute brutale des résultats, à des difficultés de concentration ou à un désengagement soudain des activités.

Le guide s'attelle par ailleurs à former les professionnels à l'accueil de la parole de l'enfant lorsque ce dernier évoque spontanément des violences.

Face à une révélation, la bonne attitude consiste à adopter une écoute active, à rester calme, à laisser l'enfant s'exprimer sans l'interrompre et à valoriser sa démarche en lui indiquant qu'il a bien fait de parler. Il est également recommandé de rappeler à l'enfant qu'il n'est jamais responsable des violences subies.

"Des questions nombreuses, suggestives ou insistantes peuvent fragiliser et influencer le récit", prévient le document, qui demande aux adultes d'"écouter sans interroger, de conserver autant que possible les mots employés par l’enfant et de transmettre la situation aux interlocuteurs compétents", que sont les magistrats, juges, policiers et gendarmes.

Le guide précise qu'il est important que les questions restent ouvertes et neutres, comme : +Peux-tu me raconter ce qui s'est passé?+ plutôt que : +Est-ce que ton père t'a fait ça?+, qui oriente la réponse.

Enfin, la transmission d'une information préoccupante est primordiale, et peut se faire en appelant notamment le 119, le numéro national d’urgence dédié à la protection des enfants. En 2024, les écoutants du 119 ont traité un total de 40.709 sollicitations, soit environ 111 sollicitations par jour, rappelle le Haut-commissariat à l'Enfance.

AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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