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Valérie Rabault : "On ne peut pas avoir de génération sacrifiée sur l’autel du Covid-19"

Par La Rédaction

Valérie Rabault, députée PS du Tarn-et-Garonne et présidente du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 26 novembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Valérie Rabault interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 26 novembre 2020 à 7h40.

Le Premier ministre, Jean Castex va détailler jeudi 26 novembre à partir de 11 heures les mesures annoncées par le président de la République lors de sa dernière allocution du 24 novembre. Si de nombreuses questions restent en suspens, Valérie Rabault, juge que "le président de la République a été plus précis que les fois précédentes" et attend de Jean Castex qu’il "donne des précisions sur la date, sur les conditions et sur les aides" pour les restaurateurs et les stations de ski qui resteront fermés tout le mois de décembre. Les aides annoncées, de 10.000 euros pour novembre 2020 ou de 20% du chiffre d’affaires de novembre 2019, au choix, sont déjà "un gros effort" selon la Députée PS du Tarn-et-Garonne.

L’une des critiques récurrentes faites au gouvernement est la prise de décision en Conseil de Défense et le manque de concertation, en tout cas en apparence, avec le Parlement. Valérie Rabault souligne en effet que "les décisions" sont toujours prises à l’issue d’un Conseil de Défense "dont personne ne sait, à part ceux qui y participent, ce qui s’y dit"Le Premier ministre a été interpellé sur cette question comme sur d'autres, notamment sur les jeunes, y compris par la Présidente du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale.

"Il faut un minimum jeunesse"

"Cela fait vraiment trois mois, que nous disons qu’il y a un abandon de la jeunesse", déplore la députée socialiste. Certains étudiants ayant terminé les études et qui avait trouvé "des petits jobs dans les cafés et les restaurants" "n’ont plus rien". "Ces jeunes-là n’ont, par définition, pas le RSA", souligne l’élue. "Il faut un minimum jeunesse" au moins "jusqu’à la fin de l’État d’urgence", recommande Valérie Rabault, qui rappelle que l’aide de 550 euros par mois pour 6 mois créée sous François Hollande pour aider les jeunes "a été supprimée par l’actuelle majorité en janvier 2019".

"Sur la jeunesse, il y a un énorme chantier que le gouvernement n’a jusqu’à présent pas mené", s'inquiète la parlementaire qui évoque le programme "1Jeune1Emploi1Solution". "Le slogan y est, les solutions n’y sont pas", regrette-t-elle. "Nous demandons en plus qu’il y ait tout de suite 200.000 créations d’emplois jeunes", ajoute Valérie Rabault. "Si rien n’est fait d’ici dix jours, je pense qu’on va avoir de gros gros soucis ; et il est hors de question de laisser la jeunesse à l’abandon", prévient l'élue du Sud-Ouest.

"Avoir donné une date au 20 janvier 2021 c’est une perspective qui est meilleure que rien du tout"

La réouverture des Universités n’est pas encore actée et pourrait ne survenir qu’en janvier 2021 alors que certains présidents d’Université réclament leur réouverture immédiate. Valérie Rabault dévoile des remontées de présidents d’Universités qui "pour certains n’ont aucune nouvelle de certains jeunes qui sont soit repartis chez eux, soit restés dans leur chambre". "Il y a une forme aussi de solitude qui existe", s'inquiète la députée qui demande un recensement. La jeunesse, "il faut la soutenir plus" car elle est "notre futur", rappelle-t-elle, "on ne peut pas avoir de génération sacrifiée sur l’autel du Covid-19".

La réouverture des bars et restaurants n'interviendra pas pas non plus avant le 20 janvier 2021. C'est "le sujet le plus compliqué", concède la députée, notamment à cause des attitudes de proximité que l’on prend durant un café ou un repas. "Avoir donné une date au 20 janvier 2021 c’est une perspective qui est meilleure que rien du tout", estime-t-elle, qualifiant de "bon soutien", le fond de solidarité mis en place. néanmoins, Valérie Rabault plaide pour une analyse "département par département". "Vous avez 200.000 [établissements] qui ont été contraints de fermer, vous pouvez quand même de temps en temps regarder les situations de manière précise."

"Je préfère une solution rigoureuse plutôt qu’une solution coercitive"

L’isolement des malades, pourrait être plus coercitif comme c’est le cas dans de nombreux pays européens, et cela fait débat. Évoqué par Emmanuel Macron, il divise fortement les Français et les parlementaires. Valérie Rabault juge très clairement que "ce n’est pas une bonne idée". "Si on a des mesures coercitives en disant aux gens ‘vous ne pouvez pas sortir, vous ne pouvez pas faire’, ce que feront les Français c’est qu’ils n’iront plus se faire tester", prévient-elle. "Je pense que c’est beaucoup plus risqué comme stratégie, plutôt que d’avoir une stratégie incitative", estime l'élue. "Je préfère une solution rigoureuse plutôt qu’une solution coercitive", explique la députée du Tarn et Garonne. En Allemagne, par exemple, "quand vous allez dans un Ehpad, vous faites un test antigénique à l’entrée" et qui définit qui peut entrer ou non.

Le gouvernement attend le vaccin contre la Covid-19 pour fin 2020-début 2021. "Je souhaite savoir exactement à qui ils ont commandé les doses, combien...", explique Valérie Rabault qui critique le manque "d’informations concrètes sur la vaccination". Elle espère que le Premier ministre donnera ces informations : celles sur les achats, sur la conservation des vaccins et, surtout, "comment il compte les déployer sur le territoire".

Bruno Le Maire a rappelé que la dette ne sera pas remboursée par les impôts et que le gouvernement se donne entre 20 et 30 ans pour rembourser la dette Covid. "Il peut se fixer 20 ou 30 ans, il ne sera plus là", réagit l'élue. Dans un premier temps, Valérie Rabault tient à "remercier la Banque centrale européenne", sans qui "rien de notre plan de soutien ne pourrait être financé". Le montant de dette étant très important, "ça n'empêche pas d'avoir une réflexion sur le financement de la crise et sur une contribution des plus hauts revenus". "Le ministre refuse d'en parler", déplore la députée.

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