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Une colère à exprimer, des débordements à craindre - "Ça va se finir en guerre civile !"

Par La rédaction avec Clément Bargain

Des manifestations pour dénoncer les violences policières sont organisées demain, partout en France. Alors que le rassemblement de mardi dernier en soutien à Adama Traoré a rassemblé plus de 20 000 personnes, ce samedi mobilisera toutes les grandes villes du pays. Et entre ceux qui cherchent à exprimer leur colère et ceux qui craignent des débordements, la tension est palpable.

L'anglicisme "Black Lives Matter" - "les vies des Noirs importent" - est loin d'être anodin. L'américanisation visible en France déchaîne les passions après la mort de Georges Floyd. (Photo Lionel Bonaventure / AFP)

Un reportage de Clément Bargain pour Sud Radio.

 

De Nice à Paris, en passant par Marseille ou encore Lyon, les appels au rassemblement ce samedi sont légion. Avec la crainte d’une montée des violences, car 83 % des Français pensent que des épisodes de violence dans les banlieues, de même ampleur que ceux de l’automne 2005, sont susceptibles de se reproduire. C’est du moins ce qui ressort de notre enquête Ifop-Fiducial pour Sud Radio. Cela commencera-t-il dès demain ?

L’importance d’aller manifester demain est indéniable, selon Jordan.

« Parce qu’on est noir, on devrait mourir dans la rue sans que personne ne s’en indigne. Il faut manifester pour faire valoir nos droits. Ça donne envie de faire bouger les choses. »

Des rassemblements pacifistes sont prévus partout en France. Ils pourraient être interdits en raison de l’état d’urgence sanitaire, ce qui n’empêchera pas Arouna d’aller manifester quoiqu’il en soit. Car il a besoin d’exprimer sa colère.

« Il y a beaucoup de tensions, on se révolte parce qu’on trouve injuste toutes ces bavures policières qui sont souvent commises sur des personnes de couleur ».

 

La France potentiellement en proie aux mêmes tensions qu'outre-Atlantique ?

La colère pourrait atteindre son paroxysme dès demain selon Sami qui craint des débordements, non sans le comprendre.

« Tout ça va se finir en guerre civile, c’est comme ça. C’est dans la logique des choses, si vous agressez des gens gratuitement, le peuple n’est pas content. »

Une crainte partagée par Narmée, gérante d’un petit commerce à quelques mètres de l’ambassade des États-Unis devant laquelle le rassemblement à Paris est prévu. Ces manifestations arrivent au plus mauvais moment pour cette commerçante, dont le chiffre d’affaires a déjà été durement impacté lors du confinement.

« Ce samedi sera encore une journée morte, la veille de la Fête des mères, ce qui nous aurait permis d’avoir des clients en plus. Mais s’il y a des manifestations, la rue sera fermée et ce sera encore une journée à zéro. C’est catastrophique. »

Au gouvernement de résoudre cette équation très complexe. Entre d’un côté, faire respecter l’interdiction de manifester et de l’autre, faire preuve de souplesse pour ne pas ajouter d’huile sur le feu.

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