Une association de cuisiniers concocte des plats pour ceux qui en ont besoin à Toulouse

C'est ce vendredi que débute la collecte annuelle de la banque alimentaire dans les supermarchés. Cette année plus encore que les autres années, avec la crise, les besoins sont énormes. À Toulouse, une association de cuisiniers vient de se créer, "Les Belles Gamelles". Objectif: récupérer les invendus des grossistes et les surplus des producteurs pour cuisiner des repas et les donner aux plus démunis.

(Christine Bouillot / Sud Radio)
Reportage de Christine Bouillot

 

Au départ, l’association les Belles Gamelles est née en quelques heures pendant le premier confinement, dans l’objectif de nourrir les soignants. Mais très vite, l’association s’est rendue compte que les besoins étaient ailleurs et s’est tournée vers les associations qui gèrent l’aide alimentaire. Elle fait donc le choix de proposer des repas chaud et savoureux pour les plus démunis, raconte son fondateur, Alexandre Foks:

"Au bout de trois semaines, on a axé toute notre production vers l'aide alimentaire, vers toutes les associations qui, elles, ont vu du jour au lendemain leur nombre de bénéficiaires doubler. La banque alimentaire gérait 11.000 personnes... En avril c'était 22.000. C'est vraiment donner des petites parenthèses de réconfort et de respect à travers un bon plat préparé par un chef"

(Christine Bouillot / Sud Radio)

 

Des bénévoles en renfort

Installés au coeur du MIN (Marché d’intérêt National) à Toulouse, tous les jours, les invendus des grossistes et les surplus de production des agriculteurs sont transformés en plat pour ceux qui en ont besoin. Cela évite les gaspillages alimentaires et permet aux plus pauvres de bénéficier  de plats chauds et équilibrés. Démarche qui a séduit le jeune chef cuisinier, Pierre Plagnet:

"Quelque-chose que je n'avais jamais fait. Je viens de la cuisine classique, j'ai toujours travaillé en hôtels, restaurants etc... Et récupérer les choses qui doivent être jetées ou ne peuvent plus être vendues, et savoir que la personne finale qui va manger, à qui on peut faire plaisir, sera une personne dans le besoin, qui ne peut plus s'acheter à manger... Ne plus avoir ce rapport financier, je trouve ça intéressant "

 

(Christine Bouillot / Sud Radio)

Pour faire fonctionner sa cuisine, tout autour de lui, il y a une équipe de bénévoles, des cuisiniers, commis, serveurs, tous actuellement au chômage. Mais pas seulement: des non professionnels sont également venus prêter mains fortes comme Karine, en train d’éplucher plus de 400 kilos de radis, ramassés la veille chez un producteur de Haute-Garonne.

"Dans la vraie vie je travaille à Air-France donc je suis au chômage partiel... Donc j'ai du temps, beaucoup de temps"

Cette semaine, les Belles Gamelles auront préparer pas moins de 500 plats pour les bénévoles de la Banque Alimentaire. Ils ont servi 20.000 repas lors du premier confinement.