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Trottinette électrique :"On est passé de 10 morts en 2019 à 80 en 2025"

Par Hugo Paillart

INTERVIEW SUD RADIO – Avec la sortie d'une étude anglaise sur l'augmentation du nombre d'accidents avec les trottinettes électriques, les victimes demandent de nouvelles sanctions. Des sanctions qui font réagir.

Conducteur de trottinette électrique portant un casque à Paris
Sylvain THOMAS - AFP/Archives

Une étude anglaise, parue le 6 août 2026, annonce que désormais, les trottinettes électriques provoquent autant de morts que les motards ou les voitures. En 2019, les accidents de trottinettes électriques provoquaient 10 morts, contre 80 en 2025. Jean-René Albertin, président et co-fondateur de l'Apacauvi, une association d'accompagnement des victimes d'accidents de trottinettes, explique au micro de Sud Radio que les utilisateurs de trottinettes électriques devraient être considérés comme des rouleurs à part entière et davantage sanctionnés. Des propos qui ont entraîné des réactions au micro de Jacques Cardoze sur Sud Radio.

Demande de respect du code de la route

Avec une multiplication des traumatismes crâniens par 3,5, Jean-René Albertin estime que le premier point pour réduire les accidents serait que les utilisateurs de trottinette électrique respectent le code de la route. « Si on respectait le code de la route, ça serait déjà une bonne chose. S'arrêter au feu, laisser passer les piétons, pas zigzaguer entre les voitures, tout ça, si vous voulez, ce sont des sources d'accidents annoncées. Et en plus, c'est une irresponsabilité de la part de ceux qui conduisent les trottinettes », déclare Jean-René Albertin au micro de Sud Radio.

Pour appuyer son propos, le co-fondateur de l'Apacauvi rappelle que les accidents de trottinettes coûtent extrêmement cher à la société. « C'est que le coût d'un accident, on en parle très peu, le coût d'un accident de trottinette, c'est entre 80 000 et 100 000 euros pour la société, pour la sécurité sociale, l'arrêt de travail ou l'intervention chirurgicale, et je pense que si on multiplie par le nombre de morts ou le nombre d'accidentés, c'est un coût sur la société très important. »

Vers plus de sanctions

Face à cette augmentation des accidents, Jean-René Albertin pointe le « débridage » des trottinettes. Lors de leur conception, le deux-roues est bridé et ne peut dépasser les 25 km/h. Certains arrivent à passer outre et à les trafiquer. Le co-fondateur de l'Apacauvi pense que : « Je crois que c'est là l'une des clés, si vous voulez. Si on met plus d'amendes, si on verbalise les incivilités, je pense qu'on devrait arriver à une réduction des accidents. » Pour le moment, si l'appareil est débridé, c'est confiscation et 135 euros d'amende.

Toujours sur l'antenne de Sud Radio, Jean-René Albertin propose une solution comme en Italie et les assurés. « Il faudrait peut-être aussi les faire immatriculer, comme en Italie, et exiger, si vous voulez, qu'il y ait des assurances. Les assurances, il y en a déjà, mais l'immatriculation me semble nécessaire pour les trottinettes comme pour les vélos. »

"Laissez-nous respirer, on n'en peut plus, on va péter"

En réponse aux propos de Jean-René Albertin et du maire Aurélien Gall, maire de Tergnier dans l'Aisne, qui a pris un arrêté contre les trottinettes électriques, Jérôme, conducteur de poids lourd et auditeur de Sud Radio, pousse un coup de gueule. « Il est important de nous laisser quand même, malgré tout, une liberté individuelle, c'est-à-dire que là on va encore taper sur des gens qui sont plus ou moins civiques. Il n'y a pas que des inciviques qui sont en trottinette. On respectera les règles, on paiera nos amendes », explique Jérôme, interrogé par Jacques Cardoze.

Il exprime son ras-le-bol au micro de Jacques Cardoze : « Je peux vous dire que les gilets jaunes, ça va être moins une, fois mille. J'attends juste les élections de 2027 : si ça ne tombe pas dans mon sens, je peux vous dire que ça va péter. J'en ai marre, on tape toujours sur les mêmes, ceux qui bossent, qui ne font pas chier, et ceux qui ont un mini espace de liberté et qui demandent juste ça dans leur vie. Laissez-nous un espace de liberté, s'il vous plaît, laissez-nous respirer, on n'en peut plus, on va péter. »

Entre demande de sanctions renforcées et sentiment d'un ras-le-bol grandissant chez les usagers, le débat sur le statut des trottinettes électriques est loin d'être clos. Reste à savoir si les pouvoirs publics choisiront la voie de l'immatriculation et de l'assurance obligatoire, ou celle d'un simple durcissement des contrôles.

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