Tarek Mahraoui : "L’orientation est le parent pauvre des accompagnements au lycée"

Tarek Mahraoui, vice-président de la Fage
Tarek Mahraoui, vice-président de la Fage

Vice-président de la Fage (Fédération des Associations Générales Étudiantes), Tarek Mahraoui était l’invité du Grand Matin Été ce lundi sur Sud Radio. Il a notamment évoqué le cas de ces 87 000 bacheliers toujours en attente de leur affectation à la rentrée.

Le chiffre est impressionnant et la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal a déjà parlé d’un "immense gâchis". Aujourd’hui, près de 87 000 bacheliers sont toujours dans l’attente de leur affectation pour la rentrée, sur fond de filières saturées et de manque de places. Alors que le ministère lance une vaste concertation sur les admissions en faculté, Tarek Mahraoui vice-président de la Fage (Fédération des Associations Générales Étudiantes, premier syndicat étudiant), était l’invité ce lundi du Grand Matin Été sur Sud Radio.

"On se retrouve aujourd’hui avec près de 90 000 étudiants sans proposition d’affectation dans l’enseignement supérieur. Pour nous, il faut un plan d’urgence pour permettre à chacun d’accéder à une filière qui lui convient. (…) Cela fait plusieurs années que la Fage alerte sur cette situation. On demande des réformes structurelles mais aussi un plan d’investissements massifs pour y répondre, mais ça n’a pas encore été entamé", déclare-t-il.

"Chaque année, on a 40 000 étudiants en plus en France"

Selon lui, cette situation alarmante n’est pas prête de disparaître si l’État ne réagit pas. "Aujourd’hui, on constate un phénomène de saturation. L’évolution démographique de la France fait qu’on a 40 000 étudiants supplémentaires chaque année. C’est l’équivalent de deux universités. Pour les dix années à venir, on se retrouvera potentiellement avec 200 000 étudiants supplémentaires. Il faudra y faire face", prévient-il.

Face à ce constat, le Premier ministre Édouard Philippe a récemment évoqué la possibilité d’une sélection dès le lycée, avant l’université. Une idée dont la Fage se méfie. "Le système APB a déshumanisé les processus d’orientation. Là, s’il s’agit d’accompagner les lycéens, ça peut être intéressant. En revanche, dire à quelqu’un qu’il n’a pas les pré-requis pour aller dans tel truc parce qu’il n’a pas tel bac, ça pose vraiment question", s’interroge Tarek Mahraoui.

"Permettre à chacun de savoir dans quoi il s’engage"

"Aujourd’hui, l’orientation est le parent pauvre des accompagnements au lycée. Il faut permettre à chacun de savoir dans quoi il est en train de s’engager. Quand on regarde ces 90 000 personnes qui vont potentiellement se retrouver dans des filières qui ne leur correspondent pas, comment peut-on imaginer un seul instant qu’elles vont s’y investir pleinement ? (…) Le message renvoyé, c’est qu’il est acceptable que des étudiants soient laissés sur le bord de la route", ajoute-t-il.

Réécoutez ici l’intégralité de l’interview de Tarek Mahraoui dans le Grand Matin Été sur Sud Radio

 

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