Suppressions de postes, éloignement de l'usager: la colère des agents des impôts

Une enveloppe pour la déclaration de revenus à remplir
Philippe HUGUEN / AFP

Les agents des impôts se mobilisent ce jeudi pour dénoncer la casse de leur service et le manque de moyens, alors que jamais la question fiscale n’a été aussi importante. Des grèves et des blocages qui ont commencé depuis le 28 janvier dernier en Haute-Garonne. Sept semaines déjà de mobilisation des agents du fisc, à l’appel de tous les syndicats. Tous dénoncent le double-langage du gouvernement.

 

Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

Un repli "inquiétant" qui "sape la cohésion nationale": c’est l‘accusation grave du Défenseur des Droits sur la réforme des services publics en France, dans son rapport annuel. Illustration concrète avec les fermetures des trésoreries dans les départements: la mort des services publics de proximité, dénonce Christian Terrancle, de Solidaires Finances publiques.

"Une des parties du plan, c'est de fermer l'intégralité des trésoreries de proximité, l'accueil exclusivement sur rendez-vous comme Pôle emploi...donc l'usager va vraiment se rendre compte qu'on n'est plus là !".

Suppressions d'emploi

Une dématérialisation à marche forcée, doublée d'un vaste plan de suppressions d'emplois souligne Yves Peyras, du même syndicat. 

"Bruno Le Maire dit: 'Ford, c'est scandaleux, ils vont fermer une usine avec 850 familles mises an chômage'. Mais lui, en même temps, signe un décret qui va supprimer 20.000 postes dans notre administration. On n'a jamais vu un plan aussi important !"

Tout-numérique et appels à distance

Plus largement, il y a aussi cette réforme de la fonction publique passée inaperçue en plein grand débat national, dénonce Jean-Marc Servel, de la CGT finances publiques:

"Au mois de juin, si la population française, les élus et les citoyens et les agents de la fonction publique ne réagissent pas, on bascule dans une autre société. C'est à dire: finis, les services publics tels qu'on a pu les connaitre. Tout en numérique, tout en appels à distance. C'est pas ça que demande la population en ce moment en France !"

Les syndicats dénoncent le double-langage, mais aussi le mépris du gouvernement: après sept semaines de mobilisation, toutes les négociations sont au point mort.

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