L'UNSA et la CFDT participaient ce vendredi à une réunion de travail au ministère des Transports. Ils en sont ressortis satisfaits, tout en indiquant la poursuite de la mobilisation qui dure depuis début avril.

L'Unsa ferroviaire est sortie vendredi d'"une réunion de travail intéressante" avec la ministre des Transports Elisabeth Borne sur le projet gouvernemental de réforme ferroviaire, mais "continue la mobilisation" et jugera "in fine ce qui va bouger".

"Nos projets d'amendements ont été reçus et étudiés à la loupe. Maintenant, on est dans une phase de travail" qui "va se poursuivre tout le week-end parce que le calendrier est un peu serré", a déclaré à la presse Roger Dillenseger, secrétaire général de l'Unsa ferroviaire, à l'issue de la rencontre.

"On va avoir un échange rapide avec Mme la ministre (des Transports Élisabeth Borne ndlr) en début de semaine prochaine pour nous préciser" ce qui sera "retenu de nos propositions avant le Sénat", a-t-il ajouté.

L'Unsa ferroviaire "travaille dans un esprit constructif mais tout en maintenant la mobilisation" par la grève, car cette "pression qu'on met sur le ministère, c'est un des leviers pour faire bouger les choses", a relevé M. Dillenseger.

"On travaille à sortir proprement du conflit avec des garanties à la sortie", a-t-il résumé.

"Il faudra mesurer les résultats, sur le terrain, mesurer pragmatiquement ce qui va être retenu (...), voir la transcription réelle" dans les amendements qui arriveront au Sénat et "ce qui va être pris en compte" par les sénateurs.

Les amendements doivent être déposés "le 15 (mai) ou juste après", a-t-il dit. Le projet de loi doit être examiné en commission à partir du 23 mai et dans l'hémicycle du sénat à partir du 29. 

Son syndicat "s'inscrit dans la stratégie d'une politique contractuelle qui nécessite des échanges, du travail. On est là pour faire avancer le dossier, pérenniser le système ferroviaire, le statut social du groupe public ferroviaire" et "pour aller positivement dans cette réforme, pour la transformer en une réforme efficace", a expliqué M. Dillenseger.

Ni la CGT cheminots, ni SUD Rail n'ont répondu à l'invitation de Mme Borne.

"Nous avons commencé un travail très précis dans un échange que l'on peut qualifier de négociation. On est vraiment dans l'ouverture d'une négociation aujourd'hui, on peut le dire", a commenté le secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminots, Sébastien Mariani, qui participait, lui, à cette entrevue.

Les discussions, qui concernaient aussi les futures "négociations au sein de la branche ainsi que le financement du secteur ferroviaire", se poursuivront dans les prochains jours, a précisé le ministère, dans un communiqué diffusé après ces entrevues.

D'ici le passage au Sénat, le 23 mai en commission et le 29 dans l'hémicycle, le Premier ministre Edouard Philippe doit aussi dire comment il compte reprendre une partie de la colossale dette de la SNCF et annoncer davantage d'investissements pour rénover le réseau. De quoi rassurer les élus... et les organisations syndicales.

"Nous vivons un moment charnière", a estimé le patron de la SNCF Guillaume Pepy.

Dans une interview au Parisien, il s'est adressé directement à ses clients, alors que la grève lancée deux jours sur cinq depuis début avril doit reprendre dimanche pour le 9e épisode.

"Ces grèves à répétition sont déjà ultra-pénalisantes pour les salariés modestes qui n'ont pas de voiture, pour les plus fragiles comme les chômeurs, les gens qui ont des handicaps mais aussi pour les étudiants", a-t-il déclaré.

"Voilà pourquoi nous n'avons jamais fait autant pour accompagner nos clients dans cette période", a ajouté le responsable.

 Assurant que la SNCF allait garantir les trains pour les étudiants qui passent leurs examens et ceux menant aux grandes manifestations du printemps - il cite le festival Solidays -, Guillaume Pepy a lancé "une opération de reconquête" des voyageurs.

D'où "des gestes commerciaux" : 3 millions de billets de TGV à petits prix jusqu'à la fin de l'été et une promotion sur les cartes de réductions. 

Guillaume Pepy a également indiqué sur franceinfo vendredi que la SNCF garantirait la circulation les jours de grève, jusqu'au 31 mai, des TGV et Intercités qui sont ouverts à la vente (au lieu du 17 mai jusqu'à présent).

Selon lui, la grève, entamée début avril, "va coûter probablement plus de 300 millions d'euros, y compris les mesures commerciales qu'on prend".

À partir de lundi et pendant une semaine, à l'initiative de l'intersyndicale, les cheminots vont pouvoir dire s'ils sont "pour ou contre" la réforme du secteur ferroviaire.

Cette "vot'action", à un moment où la grève est moins suivie, n'aura "aucune" légitimité, le Parlement ayant seul le pouvoir de décider, a rappelé M. Pepy. La veille, la ministre du Travail Muriel Pénicaud avait souligné que pour "cette réforme (qui) ne concerne pas simplement la SNCF, en interne, mais tous les Français", "les décisions se prennent au Parlement avec le gouvernement".

Les syndicats ont aussi appelé à une "journée sans cheminots et sans trains" lundi. Ce que la direction traduit par "une grosse journée de grève", non sans craindre quelques actions coups de poing.
 

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Orgon
- Samedi 12 mai 2018 à 21:28
Quid d'une "journée --voire une année-- sans syndicats"!

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