Séparatisme - Encore sous le choc, les habitants de Conflans attendent des actes

Le projet de loi contre le séparatisme est examiné ce mercredi en Conseil des Ministres et l'assassinat de Samuel Paty aura forcément un écho dans les textes et les discussions. À Conflans-Sainte-Honorine, la police veille sur le collège du Bois d'Aulne et les élèves craignent parfois même de sortir seuls dans la rue. Les riverains demandent des actes forts en réponse à un drame intolérable.

Passés les hommages à Samuel Paty, les Conflanais attendent des mesures fortes. (Photo de Thomas Coex / AFP)

Un reportage de Clément Bargain pour Sud Radio.

 

C'est un des projets de loi les plus attendus de la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron. Un peu plus de deux mois après le discours des Mureaux, le projet de loi sur le séparatisme - rebaptisé projet de loi « confortant les principes républicains » - arrive ce mercredi sur la table du Conseil des ministres. Un "nouveau délit de mise en danger de la vie d’autrui par diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle", va notamment être créé. La disposition a été ajoutée après le sauvage assassinat de Samuel Paty en octobre. Un pôle spécialisé dans la lutte anti-haine en ligne sera, lui aussi, créé au parquet de Paris, alors que la plateforme Pharos, censée surveiller les comportements illicites sur Internet, était déjà sous le feu des critiques.

 

Police devant le collège du Bois d'Aulne et élèves traumatisés, le temps des actes

À Conflans-Sainte Honorine, l'ambiance est lourde car les habitant peinent à se remettre de l’assassinat de "leur" professeur d'histoire-géographie.

Devant le collège du bois d'Aulne, impossible de ne pas remarquer l'important dispositif de sécurité. Les policiers encadrent la sortie des cours, ce qui n'est pas sans rassurer Marjorie, venue chercher son fils en sixième. "La police est déjà là, c'est bien gardé".

Tous les Conflanais restent encore très marqués par l'assassinat de Samuel Paty. Danielle a deux petites-filles scolarisées au collège et remarque leur anxiété.

"Elles ont peur d'être toutes seules dans la rue, peur d'être attaquées. Ma petite-fille a vu tout de suite après l'attentat, l'image de la tête de Samuel Paty la tête coupée. Il faut les contrôler les réseaux sociaux."

Seulement, certains doutent déjà de la réponse politique. Gérard qui vit dans le quartier craint que le gouvernement ne soit pas suffisamment ferme face au radicalisme.

"Tous ces gens qui ne respectent pas les lois de la République n'ont plus rien à faire sur le territoire. On a affaire à des terroristes mercenaires, il faut arrêter de discuter. Quand on commencera par ça, il y aura un changement plutôt que les grands discours de "y'a qu'à faut qu'on". Ras-le-bol, vraiment ras-le-bol !"

Le texte est examiné aujourd'hui en Conseil des Ministres avant d'être discuté à l'Assemblée nationale au mi-janvier.