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Sécheresse : Annie Genevard annonce des prêts à taux zéro pour les agriculteurs

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé jeudi en Auvergne de nouvelles mesures pour les agriculteurs frappés par la sécheresse, avec des prêts à taux zéro pour renflouer les trésoreries, une demande de la FNSEA qui dépendra en grande partie de l'adoption du budget.

Champ touché par la sécheresse montrant des cultures abîmées.
Thomas SAMSON - AFP

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé jeudi en Auvergne de nouvelles mesures pour les agriculteurs frappés par la sécheresse, avec des prêts à taux zéro pour renflouer les trésoreries, une demande de la FNSEA qui dépendra en grande partie de l'adoption du budget.

Face à la sécheresse historique et aux canicules, le gouvernement avait annoncé en septembre un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros et promis un plan de rebond dans le cadre du budget présenté pour 2027.

Mais les syndicats agricoles avaient unanimement souligné l'insuffisance du plan d'urgence, avant de dénoncer l'absence du plan de rebond dans la copie budgétaire initiale du gouvernement, qui a promis des amendements lors des discussions au Parlement.

"Ce plan n'était pas pour solde de tout compte", a déclaré jeudi la ministre au Sommet de l'élevage à Cournon-d'Auvergne.

Pour compléter, Annie Genevard a annoncé des prêts à taux zéro pour les agriculteurs ainsi qu'un dispositif spécifique pour les jeunes récemment installés en cas de rééchelonnement de prêt, des demandes de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, alliance syndicale dominant le monde agricole.

- Suspendu au budget -

Une quarantaine de militants FNSEA/JA avec drapeaux et pancartes, ainsi que des dirigeants de syndicats agricoles ont assisté au discours de la ministre.

La ministre de l'Agriculture Annie à l'Assemblée nationale le 7 octobre 2026, à Paris

La ministre de l'Agriculture Annie à l'Assemblée nationale le 7 octobre 2026, à Paris

MEHDI FEDOUACH - AFP

La mesure sur les prêts à taux zéro pourrait couvrir un encours de deux milliards d'euros de prêts pour acheter notamment du fourrage et des intrants.

"Les premiers prêts pourront être décaissés en 2026", a déclaré la ministre, sans préciser les montants ni par quel outil budgétaire.

Les prêts pour 2027 seront soumis à l'adoption du budget, incertaine en l'absence de majorité au Parlement, alors que la FNSEA, qui chiffrait le coût pour l'État à 50 millions d'euros, la réclamait dans l'immédiat, plusieurs banques ayant déjà accepté de réduire les taux à 2,5 % pour les agriculteurs. L'État payerait donc les intérêts restants.

La demande principale des éleveurs, réunis en sommet à Cournon-d'Auvergne depuis mardi, portait sur l'assurance récolte, censée compenser la perte des prairies qui n'ont quasiment pas poussé depuis le printemps, faute de pluie, forçant à entamer les stocks de fourrage prévus pour l'hiver.

Les éleveurs dénoncent la mesure de la pousse des prairies par un satellite avec des estimations de pertes qui ne correspondent pas à celles constatées sur le terrain. Le gouvernement a promis de publier mi-octobre une carte actualisée des pertes et de la "transparence".

Des réunions mi-octobre puis fin novembre organisées par les préfets, après la publication des données définitives du satellite, doivent permettre de les "confronter aux observations de terrain", a déclaré la ministre qui dit vouloir faciliter les recours.

Mercredi, le service statistique du ministère de l'Agriculture avait indiqué que le déficit de prairie avait atteint un niveau "inédit", supérieur à celui de 2003. Au 30 septembre, la pousse cumulée des prairies permanentes était de 42% inférieure à la moyenne de référence.

- Réserve et taxe foncière -

La ministre a par ailleurs annoncé le déblocage de la réserve de 21 millions d'euros du fonds de réarmement, une enveloppe de 235 millions d'euros à la main des préfets pour soutenir les agriculteurs les plus touchés. Ces fonds avaient jusqu'ici été conservés et ne constituent pas une rallonge de l'enveloppe, distribuée depuis le début du mois.

Les syndicats avaient dénoncé les retards de paiement et le "saupoudrage" de cette mesure, estimant les pertes à plusieurs milliards quand les départements n'ont reçu que quelques millions à répartir entre des centaines de sinistrés.

"On n'attend plus rien, on est loin de ce qu'il faudrait, les efforts ne sont pas faits", a confié mercredi à l'AFP Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, deuxième syndicat.

La ministre a aussi annoncé renforcer les contrôles fiscaux pour s'assurer que les propriétaires de terres agricoles répercutent bien le dégrèvement de la taxe sur le foncier non-bâti aux fermiers qui louent ces parcelles.

La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, protestait contre cette mesure, accusant les propriétaires de ne pas répercuter les baisses aux fermiers.

L'enveloppe dédiée depuis septembre à ce dégrèvement était de 350 millions d'euros. Mais les préfets ayant une grande marge de manœuvre, ce montant pourrait augmenter. "Nous remettrons au pot", a déclaré la ministre alors que le média Contexte évoquait des estimations de 700 millions d'euros.

Par Mathilde DUMAZET / Cournon-d'Auvergne (France) (AFP) / © 2026 AFP

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