Une délégation des agriculteurs en lutte d'Occitanie doit être reçue vendredi matin par le ministre, Stéphane Travers, alors que la mobilisation contre la suppression des aides pour les zones défavorisées se poursuit depuis plusieurs jours.

Rendez-vous particulièrement attendu ce vendredi matin au ministère de l'Agriculture, où une délégation des agriculteurs en colère d'Occitanie doit être reçue par le ministre. En cause, la suppression des aides européennes pour les zones défavorisées qui touchent de nombreux exploitants, avec l'entrée en vigueur, le 15 février, d'une nouvelle carte.

Les agriculteurs étaient mobilisés à Toulouse mercredi, ainsi qu'à Montauban depuis le début de la semaine avec l'occupation de l'A20, jour et nuit, avec tracteurs et fumier.

Marie Blandine Doanza, 32 ans, est agricultrice, avec son mari, dans le nord de la Haute-Garonne. Il y a six ans, elle a repris l'exploitation de son père et a décidé de s'agrandir. Pour boucler le plan de financement, les banques ont inclus ces aides pour les zones défavorisées : "Nous, on a fait un prévisionnel qui dépend de ça. C'est autour de 8000 euros par exploitation, et on nous dit de but en blanc qu'on va les perdre."

C'est ce manque à gagner, qui n'était pas prévisible, qui a déclenché la colère en Occitanie. Au-delà de ces revendications, Marie-Blandine Doanza s'interroge désormais sur l'avenir pur et simple de sa profession et sur son avenir tout court : "Ce que je sais, c'est qu'avec mon conjoint, on bosse sept jours sur sept et on vit au RSA. Je trouve ça totalement injuste, alors qu'on travaille. Pour être accomplie dans son métier, en tant que femme, en tant que maman, c'est totalement injuste."

En Haute-Garonne, 240 communes sur 400 répertoriées vont sortir de cette nouvelle carte. Le rendez-vous avec le ministre ce vendredi matin est donc crucial pour beaucoup d'exploitants. Et il sera suivi aussi par d'autres, car le mouvement des agriculteurs d'Occitanie connaît un soutien important auprès de la population.

Un mouvement citoyen est en train de se mettre en place pour venir épauler les agriculteurs en lutte. Mickaël a 26 ans. Originaire du Tarn-et-Garonne, il est agent de sécurité dans la vie et, il y a trois jours, en regardant les informations, il s'est mis derrière son ordinateur : "J'ai laissé un petit message sur Facebook. Du coup, hier soir, j'ai eu une vingtaine de personnes qui m'ont rejoint. On est allés rejoindre les agriculteurs pour passer la soirée avec eux. Ils sont là pour nous, donc je pense qu'il faut être là pour eux."

Même chose pour Christian, 46 ans, cadre commercial et père de famille : "J'ai posé une semaine de congés pour venir les soutenir. Au quotidien, depuis lundi matin. On est là le matin, le soir. Je suis un cuisinier dans l'âme, j'adore la bonne cuisine. Il est hors de question que je cuisine, demain, des produits qui ne sont pas nobles."

Ces bénévoles spontanés s'occupent depuis de la logistique alimentaire pour les agriculteurs qui occupent, jour et nuit, le bitume de l'autoroute A20 : "Hier soir, on a eu droit à un cassoulet qu'ils nous ont mitonné. C'est toujours réconfortant d'avoir ce soutien spontané."

Un reportage de Christine Bouillot pour Sud Radio

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