Raphaël Kempf, avocat du journaliste Gaspard Glanz : " sa colère était légitime"

Arrestation de Gaspard Glanz
Levée de boucliers après l’arrestation du journaliste Gaspard Glanz. AFP

Raphaël Kempf, avocat du journaliste Gaspard Glanz, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 23 avril animée par Billie et Philippe David. 

Le journaliste Gaspard Glanz a été interpelé samedi 20 avril à Paris lors de l'acte 23 des Gilets Jaunes pour "participation à un regroupement en vue de commettre des violences ou des dégradations et outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique". Déféré lundi 22 avril devant le juge des libertés à l’issue de près de quarante-huit heures de garde à vue, il a été convoqué devant le tribunal de Paris, le 18 octobre prochain. L'outrage qui lui est reproché est un doigt d'honneur fait à un policier qui l'a bousculé violemment. 

"Était-il nécessaire de le placer en garde à vue pour enquêter sur ce doigt d'honneur ?"

L'arrestation et la prorogation de la garde à vue de Gaspard Glanz a provoqué une levée de boucliers dans le monde des médias. Pour Raphaël Kempf, son avocat, "je comprends la solidarité du monde des médias. D'un point de vue juridique et purement judiciaire, nous contestons et contesterons les décisions de le placer initialement en garde à vue, de le prolonger puis de le déférer, prises par le procureur de la République qui n'est pas un magistrat indépendant, ça pose un problème, car, qu'on reproche un doigt d'honneur à Gaspard Glanz qui puisse recevoir une qualification pénale et puni par la loi, d'accord. Mais était-il nécessaire de le placer en garde à vue pour enquêter sur ce doigt d'honneur ? Je ne le pense pas. Il n'y avait pas besoin d'une procédure aussi contraignante et disproportionnée que l'a été cette garde à vue".

On voit clairement, sur les images, Gaspard Glanz adresser un doigt d'honneur à un policier. Pourquoi contester son arrestation ? "La garde à vue est une mesure de contrainte qui a pour but d'enquêter sur des faits reprochés à une personne. Il n'y avait pas besoin de l'enfermer 48 heures pour lui demander s'il avait fait un doigt d'honneur. La loi permettait à la police et au procureur de convoquer Gaspard Glanz ultérieurement. Le parquet aurait pu choisir la voie de l'apaisement, en lui permettant de diffuser, dès ce week-end, son travail de samedi dernier.

On ne conteste pas la nécessité de discuter une infraction pénale, et on le fera. On demandera aux policiers pourquoi ils ont refusé le dialogue avec Gaspard Glanz et pourquoi il a été poussé. Les moyens employés sont totalement disproportionnés".

"Il semble qu'il ait été visé par cette grenade, il a été dans une colère légitime"

Gaspard Glanz affirme aussi avoir été visé par les policiers avant son interpellation, qui lui auraient lancé une grenade dans les pieds. Va-t-il porter plainte contre la police ? "C'est une décision qu'on va prendre dans les heures ou les jours qui viennent. Il semble qu'il ait été visé par cette grenade, il a été dans une colère légitime. On voit un individu, qui a l'expérience de ces manifestations, qui se prend une grenade et qui veut pouvoir en discuter avec le responsable policier sur place et ce dialogue a été impossible, ce qui a conduit à ce doigt d'honneur.

Il faut remettre les choses à leur juste proportion, ce n'est pas non plus gravissime et je ne crois pas que ce policier se sente outragé et soit dans l'incapacité d'exercer son métier en raison de cet outrage. On ne doit pas faire un doigt d'honneur à un policier et un policier ne doit pas pousser un manifestant, qui plus est un journaliste, parce que celui-ci cherche à établir un dialogue".

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