Professeurs contractuels : "On les utilise et quand on ne les veut plus on les jette..."

Les syndicats d’enseignants sont vent debout contre l’Éducation nationale, qui embauche en ce moment des professeurs contractuels pour la prochaine rentrée. Ils seront professeurs des écoles remplaçants en maternelle ou en élémentaire, sans jamais avoir été formés pour ça.

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L’académie d’Aix-Marseille organise un "job dating" pour recruter des professeurs contractuels. © AFP

Des professeurs contractuels recrutés en 30 minutes, qui n’ont aucune expérience ni formation. Reportage de Lionel Maillet pour Sud Radio.

 

Professeurs contractuels : "On les prend, on les utilise et quand on ne les veut plus on les jette..."

Des professeurs des écoles recrutés avec un simple bac+3 en à peine quelques minutes. Lundi 27 juin, l’académie d’Aix-Marseille a reçu 400 candidats. "Le job dating, c'est ce qui se passe dans le milieu privé explique Pascal Pons de la CGT Educ’action. Des gens qui viennent en 30 minutes se présenter, sur CV, avec un entretien, pour avoir le droit d'être recruté pour un an dans l'Éducation nationale en tant que contractuels."

"Recrutés au lance-pierre comme ça, qu'on peut jeter, forcément ça leur revient moins cher ! dénonce-t-il. On les prend, on les utilise et quand on ne les veut plus on les jette..." Ces contractuels vont se retrouver seuls devant des classes de maternelle ou de primaire sans aucun bagage. Des professeurs "qu'on va payer au lance-pierre et lancer dans les classes sans aucune formation."

 

"On ne recrute pas de fonctionnaires supplémentaires, alors qu'il y a une pénurie d'enseignants"

Un recrutement massif de contractuels dans l'académie, alors qu'"on a dans notre académie 56 lauréats du concours, actuellement sur liste complémentaire annonce Virginie Akliouat, secrétaire du SNUipp-FSU dans les Bouches-du-Rhône. Ils attendent d'être appelés comme fonctionnaire. On ne recrute pas les listes complémentaires, on ne recrute pas de fonctionnaires supplémentaires, alors qu'il y a une pénurie d'enseignants dénonce-t-elle. Les choix politiques qui sont faits sont quand même très forts !"

 

 

18ème sur liste complémentaire, Manon Sandri, âgée de 24 ans, vit tout ça comme une énorme injustice. "Ils vont recruter des personnes en 30 minutes ! fustige-t-elle. Et moi qui prépare depuis 5 ans ce concours, qui ai de l'expérience dans ce métier qui me plait, je suis bloquée..." Dépitée, la jeune femme va elle aussi se tourner vers un poste de contractuel. Elle refuse de changer de voie.

 

Aurélie

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