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Prison : faut-il faire travailler les détenus ?

Le travail en prison, est-ce de l’exploitation ? Éric Dupond-Moretti a rencontré des patrons pour les inciter à embaucher des ex-détenus.

Travailler en prison, et après... Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, appelle les chefs d’entreprises à davantage participer à la réinsertion des détenus en leur proposant des emplois.

Un atelier au sein même de la prison

Pierre Guillet, président des EDC, Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens, est aussi le patron d’Hesion, une PME d’une trentaine de salariés fabricant des détecteurs électroniques de gaz. Depuis un peu plus de trois ans, son entreprise emploie aujourd’hui deux salariés dans un atelier de la prison de Poissy dans les Yvelines. "Le bilan est positif tant sur le plan humain, pour les détenus, que pour l’entreprise. Le bilan économique est nul voire négatif. Il faut être doté d’une forte conviction pour tenir. Il y a des hauts et des bas." 30% des détenus travaillent, essentiellement à effectuer des travaux d’intérêt général.

"À Poissy, nous ne sommes que cinq entreprises dans un riche bassin d’emploi. "Ils travaillent au sein même de la prison centrale. Ce sont de longues peines. Nous avons créé un atelier au sein même de la prison. Au départ, il a fallu convaincre les collaborateurs de l’entreprise qu’on allait engager cette démarche. Il nous a fallu neuf mois. On a répondu aux questions des collaborateurs qui étaient inquiets. Ils ne connaissent pas le milieu carcéral. On passe devant et on est plutôt très content de ne pas savoir ce qu’il s’y passe."

Prison : la réinsertion commence le premier jour

"On s'est dit : 'on va travailler avec des détenus condamnés à de longues peines'. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Est-ce qu’on a à le faire ? On ne sait pas pourquoi ils ont été condamnés, je dirais même qu’il ne faut pas rentrer là-dedans, car ce n’est pas le sujet. Ils ont été jugés, condamnés, ils purgent leur peine. Nous, notre mission, c’est le chrétien qui parle, c’est de leur redonner une dignité. Il faut essayer de faire que les journées qu’ils passent en faisant leur peine soient utiles." Ont-ils dû apprendre un métier ? "Nous sommes partis de zéro. Le premier que j’ai recruté n’avait pas de qualifications adaptées à notre métier, Il a fallu lui apprendre et aujourd’hui, il est tout à fait opérationnel pour le câblage électronique. Il y en a un avec lequel on a fait une tentative, et qui n’a pas compris que nous étions là pour l'aider."

La rémunération, fixée par l’État, est à 45% du Smic, soit à peu près celle d’un apprenti. Les détenus pourraient-ils être réinsérés quand ils sortiront ? "Après, ils pourront peut être sortir et gagner plus. Mais ils ne peuvent pas gagner immédiatement le salaire d’un collaborateur performant. Il y a un donnant-donnant à mettre en place. Mon point de vue personnel est que la réinsertion d’un détenu commence le premier jour de son incarcération. Sinon, on va au devant de difficultés futures. Un travail, cela permet d’occuper manuellement et intellectuellement un détenu. Il va se fatiguer un peu, cela a aussi de la conséquence sur la sécurité de la prison."

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