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Prime de 450 euros aux directeurs d'école : "on ne m'achète pas comme ça !"

Catherine Da Silva, directrice d’une école élémentaire à Saint-Denis, membre du Snuipp 93, était l’invitée de Benjamin Glaise le 27 août dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Jean-Michel Blanquer a annoncé que les directeurs d’établissements et d’écoles recevraient 450 euros de prime d’ici la fin de l’année. La raison : la surcharge de travail durant la crise sanitaire.

 

Donner l'impression de faire quelque chose

"Je ne vais pas dire que cela ne mettra pas du beurre dans les épinards, mais ce n’est pas à la hauteur de l’enjeu, estime Catherine Da Silva, directrice d’une école élémentaire à Saint-Denis, membre du Snuipp 93. Cela divise les personnels, c’est l’ensemble de l’Education Nationale qui a été mis sous pression. On va donner à quelques-uns et pas aux autres, cela donne l’impression que l’on fait quelque chose."

"Je pense que c’est une façon de faire pour que l’on ne crie pas trop fort, que l’on soit d’accord avec le ministre, on ne m’achète pas comme cela ! Dans le 93, je dis depuis 2008 que nous n’avons pas assez de professeurs. C’est un métier mal payé et mal considéré. Nous demandons une augmentation de salaires, un dégel point d’indice de la fonction publique."

 

Prendre la mesure des inégalités sociales

"Les ministres étaient venus nous promettre 1000 euros si l’on restait dans la fonction publique sur place durant cinq ans, rappelle cette membre du Snuipp 93. La fonction publique vit mal d’avoir des salaires qui ne sont pas attractifs. Après cinq ans d’études, on ne commence pas à 1400 € !" Quant à la rentrée scolaire à l’heure de l’épidémie, "heureusement qu’il a sorti son protocole hier soir, préfère s’amuser Catherine Da Silva. Ce n’est pas trop tôt ! Je me demande si ce n’est pas quand on crie un peu que l’on obtient les choses…"

Comment se présente cette rentrée ? "Je sais bien qu’il va falloir s’adapter, qu’il y aura beaucoup de travail. Mais à un moment donné, on peut aussi prévoir les choses." Estime-t-elle que l’école est prête si la situation s’aggrave ? "Oui, j’ai lu le protocole. Mais s’il y a des cas dans mon école, on ne sait pas comment équiper en informatique les élèves qui n’en ont pas. Il a parlé de 2.000 tablettes, cela ne suffirait même pas pour la ville de Saint-Denis. On n’a pas pris la mesure des inégalités sociales dans notre pays. Quant aux masques, j’entends qu’on ne peut pas les donner. Mais pour les enfants, au collège et au lycée, ce devrait être gratuit à l’école, comme pour les adultes qui vont au travail."

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