Profession pilier, les professeurs seraient payés « au lance-pierre ». Au coeur des revendications du mouvement de grève en cours ce mardi 29 septembre 2026, le corps professoral demande notamment, une augmentation de salaire. Dans le classement de l'OCDE, la France reste en bas du tableau. « Les profs français gagnent nettement moins que leurs homologues allemands, espagnols ou néerlandais, rapportés au niveau de vie de chaque pays », s’indigne Laurent Fragerman, professeur agrégé d'histoire, sociologue et chercheur associé au CERLI. Mais au fait, combien gagnent-ils réellement ?
Une moyenne de salaire autour de 3000€... mais au calcul "insensé"
« Le service statistique du ministère statue autour de 3 000 euros, mais c'est un chiffre qui agrège tout. » Problème ? « On englobe aussi bien les professeurs des écoles, qui ne font pas d'heures supp et les profs du second degré. Donc c'est comme si on disait : le salaire moyen des Français, c'est ceux qui ne font pas 35 heures, mais 41 ou 42, ça n'a pas grand sens. » Difficile de s’en faire une idée précise.
Une grande revalorisation, insuffisante face à l'inflation
En chiffres bruts, le salaire d’un enseignant a progressé, « mais c'est l'inflation qui change tout. » Sur le long terme, les données du Sénat et des syndicats convergent : les enseignants ont perdu près de 20% de pouvoir d'achat entre début 2000 et 2023. « Le salaire a augmenté, mais moins vite que les prix. »
Malgré une grande revalorisation en 2023, « la plus importante depuis 30 ans », les professeurs ne sont toujours pas à l’abri. Les calculs du SNES, principal syndicat du second degré, estiment à 70% les enseignants du secondaire ayant terminé l'année 2023 avec moins de pouvoir d'achat qu'avant.
Au CAPES, les candidats sont rares
Conséquence ? La relève traîne les pieds : les candidatures s’effondrent. « C'est le signal le plus concret : pour la session 2025, le ministère a même été contraint de réduire le nombre de postes ouverts au CAPES, faute de candidats suffisants. » Le gouvernement fait des efforts… mais visiblement pas les bons : « pour répondre aux besoins immédiats, aux difficultés les plus criantes : recrutement, revalorisation de débuts de carrière… Il n’y a pas grand-chose. »
🗣️Maxime Patte (professeur d'histoire-géo au lycée) : "Nos établissements sont dans un état terrifiant. Il faut investir véritablement dans les bâtiments aujourd’hui" #GrandMatin
— Sud Radio (@SudRadio) September 29, 2026
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Un manque de reconnaissance qui coûte au système scolaire français
Un immense problème puisque Laurent le sait, « on ne s'engage pas dans le métier d'enseignant pour 2 ou 3 ans, on s'y engage pour une vie entière. On a besoin de profs sur tout le territoire, dans le moindre village français, dans les banlieues et dans les centres-villes. Il faut des profs qualifiés, et là, on est en grande difficulté. »
Et les dégâts sont là : un système éducatif avec des professionnels pas très motivés, c'est une des raisons du décrochage du niveau scolaire en France.