Pompiers volontaires : une crise des vocations ?

Comment recruter de nouveaux pompiers volontaires, alors que l’on constate une baisse du volontariat, tant au niveau local que national ?

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De moins en moins de pompiers volontaires en France. (Tim Douet)

On constate de moins en moins d’engouement pour rejoindre les rangs des pompiers volontaires. Est-ce une crise des vocations ?

"Une baisse sensible sur ces dix dernières années"

On compte environ 2.000 pompiers volontaires du côté des Pyrénées-Orientales. Est-il de plus en plus difficile de recruter des bénévoles ? "Pas tout-à-fait des bénévoles, explique le colonel Éric Belgioïno, directeur du Sdis 66 (service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Orientales). Ce sont des citoyens qui travaillent comme vous et moi, et qui donnent de leur temps en plus de leur travail."

"Nous avons non pas une crise, mais plutôt une baisse sensible sur ces dix dernières années, un engagement qui s’étiole", explique-t-il. "Nous nous mobilisons pour faire remonter cet effectif. De l’autre côté, les interventions augmentent, avec une population qui augmente de 1% par an. Nous devons avoir des effectifs présents dans les casernes pour répondre aux sollicitations des habitants. C’est une tendance : l’engagement citoyen est de plus en plus difficile. Il y a une baisse du volontariat au niveau local et national."

Pompiers : "Chercher à susciter des vocations très jeunes"

"Sur une dizaine d’années, nous avons perdu 4 à 5% de sapeurs-pompiers volontaires, environ 100 à 150, détaille le colonel Éric Belgioïno. Chaque année, nous recrutons entre 100 et 150 pompiers volontaires, et nous en avons autant qui partent vers d’autres cieux. Que ce soit des mutations, des étudiants, des départs à la retraite. C’est un flux continu. Nous anticipons, pour recruter plus de sapeurs-pompiers volontaires. Vous avez des missions courantes : secours à personne, incendie. Ensuite, après avoir suivi la formation de tronc commun, vous pouvez vous engager dans des spécialités : lutte contre le risque chimique, les feux de forêt…"

"Pour cela, nous multiplions les sessions de recrutement, nous sommes passés de une à deux en 2022, précise le directeur du Sdis 66. Cela nous permet d’augmenter le nombre de candidats de moitié par rapport aux années précédentes. Nous cherchons aussi à susciter des vocations très jeunes. Nous nous mobilisons au niveau des jeunes sapeurs-pompiers, de 14 à 16 ans, que nous formons les mercredis et week-ends pour qu’ils deviennent plus tard sapeurs pompiers volontaires, professionnels, ou militaires de la sécurité civile."

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