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Pédophilie : "c'est la première fois qu'une victime de Gabriel Matzneff prend la parole"

Les éditions Grasset viennent de sortir le livre "Le Consentement" de Vanessa Springora, sur sa relation à 14 ans avec l'écrivain Gabriel Matzneff.

Le livre "Le Consentement" de Vanessa Springora sur sa relation à 14 ans avec l'écrivain Gabriel Matzneff vient de sortir. © AFP

À cette occasion, Pierre Verdrager, sociologue et auteur de "L’enfant interdit. Comment la pédophilie est devenue scandaleuse", a été l’invité de Sud Radio le 2 janvier 2020 dans l’émission "C’est à la une", à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"Vanessa Springora renverse la domination masculine

"C’est la première fois qu’une victime de Gabriel Matzneff prend la parole de façon publique pour dire ce qu’elle a vécu. Rien qu’en cela la sortie de ce livre constitue un événement considérable.

C’est une vision pas très reluisante. C’est une vision dans laquelle la souffrance est mise au premier plan, avec la structuration identitaire et les difficultés rencontrées. Et en même temps ce livre est un message d’espoir parce que Vanessa Springora prend la parole, renverse la table et renverse cette domination masculine. Je crois que c’est l’élément positif de cette affaire. C’est un livre fort, c’est un livre qui porte une parole précise, non vindicative et qui ne demande rien d’autre que l’universalité de la justice. C’est une parole qui n’est pas réactionnaire ou poujadiste, on a la prise de position de quelqu’un qui fait partie du monde littéraire", a déclaré Pierre Verdrager.

"On doit reposer cette question du consentement des enfants"

"Quel sens peut avoir le fait de consentir quand on a moins de 15 ans ? Et c’est toute la complexité de cette question-là qui est soulevée par ce livre. Vanessa Springora montre que le fait d’avoir consenti l’a empêché de se construire correctement pendant longtemps, l’a empêché de prendre la parole. Elle se disait que puisqu’elle était consentante, elle n’avait pas le droit de se considérer comme victime.

Ce statut de victime est une conquête intellectuelle. Parce que tout dans la dynamique argumentative des pédophiles vise à faire en sorte que cette montée identitaire, cet aspect de la personnalité soit impossible. Cette emprise fait aussi partie du problème. C’est aussi la raison pour laquelle on doit reposer cette question du consentement des enfants", a estimé Pierre Verdrager.

"Bernard Pivot doit être confronté à l’histoire"

"Depuis des décennies Gabriel Matzneff relate dans ses journaux intimes les innombrables relations sexuelles qu’il a pu avoir avec des filles très très jeunes. Il est même descendu jusqu’à 8 ans dans ses frasques sexuelles. Dans les milieux intellectuels de ces années-là, c’étaient des choses qui pouvaient être dites facilement. Même Bernard Pivot n’a pas su trouver des mots face à Gabriel Matzneff, qui a été plusieurs fois invité de son émission. Maintenant, Bernard Pivot doit être confronté à l’histoire, et l’histoire ne lui donne pas du tout raison", a poursuivi Pierre Verdrager.

 

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