"Nous, les infirmières libérales, on se débrouille comme on peut"

Les infirmières libérales manquent cruellement de tenues de protection et sont obligées de faire appel au Système D.

Il est très rare que les infirmières libérales disposent d'une tenue adaptée. © AFP

Bérengère Tayac, infirmière libérale à Montpellier, était l’invitée de Patrick Roger le 24 mars 2020 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"Face à quelqu’un qui est contaminé par le Covid, un masque, ça ne suffit pas"

Bérengère Tayac a d’abord raconté comment elle fait face au sous-équipement en matériel de protection. "En tant qu’infirmières libérales, on a une dotation de 18 masques par semaine. C’est largement insuffisant. Quand on est face à quelqu’un qui est contaminé par le Covid, un masque, ça ne suffit pas. Quand on est en ville, on a une tenue de ville. Donc on a besoin de surchaussures, de surblouse et de charlotte, choses que nous n’avons pas.

Sur les sites de matériel de santé, les prix de matériel de protection flambent. On est donc obligés de mettre le prix pour ça ou bien compter sur la solidarité autour de nous. J’ai fait appel à des amis pompiers, qui ont récupéré des boîtes de masques neufs dans des poubelles. Et puis j’ai fait 50 km pour aller dans une cave coopérative où travaille un ami, et il m’a dépanné en tout ce qui est surblouses, surchaussures et charlottes. Donc on se débrouille comme on peut."

"Je n’ai jamais vu autant de gens qui courent"

"Je veux pousser un gros coup de gueule pour tous les gens que je vois dehors. Franchement, c’est insupportable. Je n’ai jamais vu autant de gens qui courent. Et puis j’ai une bonne amie pharmacienne, qui me raconte que des gens viennent pour acheter un déodorant ou de la crème anticellulite. C’est pas le moment !

Pour les personnes âgées, le confinement est leur quotidien depuis longtemps malheureusement. Pour eux, ce n’est pas une grande première d’avoir une infirmière qui vienne les voir. Après, beaucoup éteignent la télé parce que c’est une source de stress pour eux. Notre rôle est aussi de les accompagner, de les rassurer. D’ailleurs, j’invite tous ceux qui ont des questions à nous appeler. Parce que les symptômes, on les connaît. Les médecins sont tellement chargés en ce moment !", a déclaré Bérengère Tayac.

 

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