Nicolas Dupont-Aignan - Retraites, "le gouvernement veut passer en force pour dissimuler aux Français la gravité de la baisse des pensions"

Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 24 février sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Nicolas Dupont-Aignan, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 30 mars à 7h40.

Nicolas Dupont-Aignan sur le coronavirus : "Madame Buzyn aurait dû prendre ces mesures indispensables avant de déserter !"

Le coronavirus est présent en force aux portes de la France, dans le nord de l'Italie, qui prend des mesures radicales. Selon le nouveau ministre de la Santé Olivier Véran, la France se prépare à une situation d'épidémie. Le gouvernement prend-il les mesures nécessaires ? "Madame Buzyn aurait dû prendre ces mesures indispensables avant de déserter ! estime Nicolas Dupont-Aignan. Quand on est ministre de la Santé dans ces circonstances, j'ai du mal à comprendre pourquoi le gouvernement l'a exfiltrée. Il y a maintenant bien longtemps, j'étais l'un des premiers, parce que des médecins m'avaient alerté, à penser qu'il ne fallait pas prendre cette épidémie à la légère, souligne le président de Debout la France.

 

Il y a des mesures indispensables à anticiper, notamment une à plus long terme, et j'en parle parce que c'est un grand silence dans notre pays : j'en ai parlé il y a 10 ans, c'est le scandale de la délocalisation de la fabrication des médicaments. La plupart des principes actifs, c'est-à-dire le cœur de nos médicaments, sont fabriqués en Chine ou en Inde. L'ampleur de l'épidémie en Chine pose des problèmes d'approvisionnement à terme, déplore Nicolas Dupont-Aignan. Il faut au moins que cette épidémie nous permette de tirer les leçons de cette fragilité que nous avons. Je trouve ahurissant que dans notre pays, on n'ait jamais posé le débat de la production des médicaments sur notre territoire".

Par ailleurs, il faut être très vigilant sur le contrôle des frontières, ajoute-t-il. Il faut sensibiliser nos concitoyens sur les symptômes et rendre très accessibles les tests. Nicolas Dupont-Aignan préconise un formulaire de traçabilité avant d'atterrir et dans les trains, pour savoir d'où viennent les gens. Ce n'est pas céder à la psychose ni affoler que de prendre les bonnes mesures : prévenir est quand même mieux que guérir ! Ce n'est pas tant le coronavirus qui m'inquiète, précise-t-il, c'est l'état de notre système hospitalier : nos hospitaliers sont admirables mais ils sont déjà totalement débordés, on continue à baisser les budgets : si nous avions une épidémie, il faut être en capacité de l'absorber. On peut s'interroger sur l'urgence à rouvrir des lits".

 

"On a laissé le Far West dans les abattoirs !"

Nicolas Dupont-Aignan se rend le 24 février au Salon de l'Agriculture. "Je défends les agriculteurs depuis tant d'années ! rappelle-t-il. Je suis pour une moralisation des abattoirs, ce qui se passe dans nos abattoirs est un scandale ! dénonce-t-il. J'ai fait une proposition de loi contre l'abattage rituel pour qu'on étourdisse tous les animaux, et si aujourd'hui il y a un courant dans l'opinion qui se méfie de la viande, c'est parce qu'on a laissé le Far West dans les abattoirs ! La meilleure façon de défendre nos éleveurs, c'est de moraliser la chaîne des abattoirs, affirme-t-il. Je ne suis pas anti-viande. J'ai fait également une proposition de loi sur la traçabilité : je trouve insupportable de ne pas savoir si elle est halal, casher ou étourdie".

Selon le député, "le vrai danger sont les importations. Emmanuel Macron nous fait un discours écolo au Salon de l'Agriculture et en même temps a signé le CETA, qui importe des produits du Canada où sont autorisés 42 pesticides interdits en France. On peut pas demander à nos agriculteurs de respecter des normes si au même moment on importe des produits de pays qui ne les respectent pas. Il faut que les produits importés respectent les normes européennes", explique-t-il.

 

Retraites : "le gouvernement veut passer en force pour dissimuler aux Français la gravité de la baisse des pensions"

Concernant la réforme des retraites, le 49-3 semble inéluctable, souligne Patrick Roger. "J'ai siégé toute la semaine, précise Nicolas Dupont-Aignan, je suis beaucoup intervenu, et on a soulevé des lièvres ! Plus la discussion avance, grâce aux amendements, plus on découvre des trucs incroyables. D'après lui, le gouvernement crée une sorte de roman-feuilleton avec la France insoumise pour dire : regardez les méchants, l'obstruction, il faut que ça passe vite. Le gouvernement veut que ça passe vite car, tout au long de la discussion, quand on creuse, il n'a pas les réponses. Sur le nouveau régime spécial pour les très riches qui ne vont pas cotiser (avec un nouveau déficit de 4 milliards pour le régime général), j'ai posé 15 fois la question sans obtenir de réponse.

C'est impressionnant de voir à quel point on nous présente une réforme qui n'est pas financée. Selon le député, il faudrait une suspension pour que le gouvernement règle le problème du financement. On nous fait débattre d'une réforme des retraites au Parlement alors même qu'à chaque fois qu'on demande combien ça coûte ou comment ça sera financé, le gouvernement nous répond : non, cette discussion a lieu ailleurs. Cela ne s'est jamais vu. Je demande le report après les municipales, je demande qu'on ait le temps de le faire. C'est une réforme qui va décider de la vie de nos concitoyens qui aujourd'hui travaillent, et demain auront des retraites de misère si cette réforme passe. Le gouvernement veut passer en force pour dissimuler aux Français la gravité de la baisse des pensions.

 

Affaire Fillon : "dans notre pays, la justice n'est plus indépendante !"

Sur le procès Fillon, Nicolas Dupont-Aignan demande "que justice soit faite. Je m'interroge sur le calendrier politique, précise-t-il. Je ne préjuge pas de la culpabilité et je ne le défends pas spécifiquement, mais l'affaire Fillon, c'était juste avant la présidentielle, et après plus rien, et juste avant les municipales, la grosse cavalerie sur l'affaire Fillon. Il faut arrêter de nous prendre pour des cons ! déplore le président de Debout la France. Dans notre pays, la justice n'est plus indépendante ! Quand le parquet financier aura autant de zèle sur des personnalités de la majorité, vous reviendrez me voir !"

 

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