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Moins de lait, stress, avortements : la canicule perturbe (aussi) les vaches

Par Benjamin Glaise

TEMOIGNAGE SUD RADIO – Les animaux et les vaches en particulier sont en souffrance durant cette période de canicule et d'extrêmes chaleurs. Perte de production de lait, stress thermique, baisse d'appétit ou encore avortements : les conséquences sont multiples, comme l'explique au micro de Sud Radio Bruno Joly, éleveur de bovins dans la Vienne.

vaches
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À la ferme du Pré Joly située à La Robichonnière dans la commune de Saint-Gervais-les-Trois-Clochers (Vienne), en région Nouvelle-Aquitaine, les fortes températures perturbent fortement les vaches depuis le début de l'épisode caniculaire. Les animaux mangent moins, restent près des points d'eau, montrent des signes de stress thermique et la chaleur peut même provoquer des avortements et autres retards dans les cycles de reproduction, comme l'explique Bruno Joly, co-gérant de cette ferme spécialisée dans l'élevage bovins et la fromagerie.

"Nous enregistrons une baisse de production de lait d’environ 30 %"

Quels sont les impacts de cet épisode de chaleur sur les vaches ?

« Le problème n’est pas forcément la canicule en elle-même. La canicule signifie que la température ne descend pas en dessous de 20°C la nuit. Or cela ne gêne pas forcément les vaches. Ce qui les perturbe réellement, ce sont les températures de 40°C l’après-midi. Les vaches supportent relativement bien des températures comprises entre 32 et 35°C. Au-delà, elles ne supportent plus la chaleur. »

Cette situation a-t-elle des conséquences sur la production de lait ?

« Oui. Nous enregistrons une baisse de production d’environ 30 %. Une vache doit manger pour produire du lait. Or lorsqu’il fait très chaud, les vaches ne mangent plus. Elles restent soit à l’ombre sous les arbres, soit près d’un bac à eau, car elles boivent énormément. Au lieu de pâturer puis d’aller boire de temps en temps, elles restent à proximité du bac à eau et passent leur temps à boire. »

"Nous avons la crainte de perdre des animaux"

Cela représente également un coût pour l’exploitation ?

« Oui, d’abord à cause de la baisse de production. Ensuite, nous avons toujours la crainte de perdre des animaux. La chaleur peut provoquer des avortements, entraîner des retards dans les cycles de reproduction et générer des pertes de production. Elle a également des conséquences sur la croissance des jeunes animaux. De notre côté, nous avons planté beaucoup d’arbres sur la ferme afin de créer de l’ombre. Les vaches essaient ainsi de se protéger, mais cela ne suffit pas toujours. »

Observez-vous également des changements dans leur comportement ?

« Oui. En fin d’après-midi, vers 16h, elles tirent parfois la langue de 30 centimètres tellement elles souffrent de la chaleur. Elles présentent aussi des spasmes au niveau du ventre. Au lieu de respirer normalement, leur respiration devient saccadée. À ce stade, ce n’est pas bon signe, cela montre qu’elles ne supportent plus la chaleur. Il faut savoir qu’une vache supporte moins bien la chaleur que nous. Son seuil de confort est inférieur d’environ 5°C au nôtre. Lorsque nous commençons à avoir chaud, les vaches ressentent déjà un inconfort important. »

"Les vaches tirent parfois la langue de 30 centimètres tellement elles souffrent de la chaleur"

Dans ces conditions, privilégiez-vous de les garder davantage à l’intérieur des bâtiments ?

« Non. Les bâtiments ne constituent pas une bonne solution. Les toitures sont généralement en tôle ou en fibro-ciment, ce qui les rend encore plus pénalisantes en période de forte chaleur. Il vaut mieux disposer de parcelles avec des arbres. Se mettre à l’ombre des arbres est beaucoup plus efficace que de rester sous un bâtiment. »

Quelles mesures mettez-vous en place pour les aider à supporter ces températures ?

« Lorsque nous les faisons entrer dans le local avant la traite, nous utilisons un système de pulvérisation alimenté par le réseau d’eau. Nous diffusons de l’eau dans l’air, qui retombe ensuite sur elles. Cela les mouille légèrement, les rafraîchit et contribue également à faire baisser la température ambiante. Nous disposons aussi d’un gros ventilateur dans la salle de traite. Il présente plusieurs avantages, notamment vis-à-vis des mouches. Comme il y en a forcément, le mouvement d’air les dérange et limite leur présence. Par ailleurs, nous effectuons la traite avec le moins de lumière possible, dans un environnement relativement sombre. Les vaches s’y sentent mieux et les mouches apprécient moins ces conditions. Enfin, nous essayons de mouiller régulièrement les surfaces en béton. Dès que l’on met un peu d’eau, la température baisse immédiatement de deux à trois degrés. Quand il fait 40°C, cela reste très chaud, mais 38°C, c’est déjà un peu mieux. »

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