Des responsables de l'intersyndicale ont indiqué ce mercredi que la grève générale se poursuit et que les barrages seront maintenus, alors que le mouvement de contestation populaire dure depuis plus de trois semaines.

La grève générale se poursuit à Mayotte et les barrages sont maintenus, ont annoncé mercredi à l'AFP plusieurs responsables de l'intersyndicale et du collectif de citoyens qui mènent le mouvement de contestation populaire contre l'insécurité depuis plus de trois semaines.

Alors qu'une délégation des organisateurs du mouvement avait annoncé mardi soir qu'ils demanderaient mercredi à la population la levée des barrages, l'ensemble des membres du collectif et de l'intersyndicale, réunis mercredi avec des représentants de chaque barrage, ont finalement décidé de poursuivre le mouvement, estimant que "des points manquaient" dans l'accord de principe trouvé avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin, notamment sur la sécurité. 

Tout le monde s'est réuni mercredi à Tsingoni pendant plusieurs heures, et chacun des membres a dû jurer sur le coran (la population de Mayotte est à 95% musulmane) qu'ils "ne trahiront pas le mouvement".

Les organisateurs réclament par exemple que les victimes des actes de violence soient considérées comme des victimes de terrorisme, et accompagnées comme telles par les pouvoirs publics, a expliqué un  des porte-parole, Salim Naoulida.

Ils ont également dénoncé la communication du ministère des Outre-mer mardi soir, qui juste à l'issue de cinq heures de négociations, a annoncé "la construction d'un accord mettant un terme à la crise de Mayotte", alors que les syndicalistes annonçaient qu'ils allaient consulter la population sur la suite du mouvement et demander la levée des barrages. 

"Cela a été perçu comme une trahison, j'ai été accusé de tous les maux", a expliqué un autre porte-parole, Saïd Hachim. Il a expliqué que dans les mesures annoncées la veille par la ministre, le sentiment qui prédominait était qu'"il n'y avait pas de sincérité".

Mme Girardin avait notamment accepté "15 mesures d'urgence en matière de sécurité" demandées par l'intersyndicale, et dont le contenu n'a pas été entièrement précisé. La ministre a dit vouloir remettre "plus d'État, mieux d'État", sur le territoire.   

Les organisateurs se sont dit prêts à rediscuter avec une délégation ministérielle, composés de trois hauts fonctionnaires restés sur place pour engager des travaux sur la sécurité, la lutte contre l'immigration clandestine et le développement du territoire.

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