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Linda Kebbab : "Les migrants ont conscience que leur situation est difficile mais qu'ils sont aussi utilisés"

Par La Rédaction

Linda Kebbab, gardienne de la paix, déléguée nationale et porte-parole d'Unité SGP-FO, auteure de "Gardienne de la paix et de la révolte" (éditions Stock), était l’invitée d’André Bercoff, mercredi 25 novembre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Linda Kebbab invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Après l'évacuation musclée de la place de la République, occupée par des migrants et des militants associatifs, Linda Kebbab dénonce une action coup de poing qui "orchestre" les migrants de la part de militants de l'extrême gauche. Elle pose également un certain nombre de questions sur le déroulé de l'opération policière, jusqu'à mettre en cause les ordres donnés par la préfecture de Police de Paris.

Une "utilisation" des migrants

Pour la syndicaliste, il faut avant tout revenir à la genèse de cette histoire et de la polémique qui en découle. Les migrants installés dans les tentes "sont pour la plupart issus des camps disséminés dans le Nord de Paris", note Linda Kebbab qui pointe du doigt "des associations d'extrême gauche, des avocats et des élus, dont ceux de la LFI" qui ont organisé "une opération coup de poing". "Il s'agissait de rassembler tous ces pauvres migrants sur la place de la République, de les mettre dans les tentes et d'attirer l'attention des médias", explique-t-elle.

La fonctionnaire de police s'interroge sur l'opération de police qui a suivi. "Il ne faut pas être dupe, c'est un échec orchestré, à une heure où on sait très bien qu'une mise à l'abri serait impossible à organiser", regrette la porte-parole d'Unité SGP-FO. Une opération qui avait pour "seule et unique intention d'attirer l'attention". Une "utilisation" des migrants, selon elle, dont leur situation s'est depuis "dégradée". "On s'est servi d'eux", dénonce Linda Kebbab.

"Ne valait-il pas mieux les laisser passer la nuit ?"

Au cours de ses nombreuses maraudes réalisées dans le cadre familiale, la policière témoigne de ses discussions et de ce qu'elle a vu dans "ces micro-camps de migrants gérés par des associations". "Ils ont conscience que leur situation est difficile mais qu'ils sont aussi utilisés", rapporte-t-elle. Des associations qui "leurs disent de faire des opérations coup de poing, d'attirer l'attention médiatique ou qui leur parlent de violences policière alors que la plupart du temps ils n'ont jamais eu affaire à la police", s'indigne la syndicaliste. "On essaye de leur inculquer des choses loin de leurs préoccupations quotidiennes", regrette-t-elle, pointant du doigt "une instrumentalisation de leur situation, dramatique et peu humaniste".

Linda Kebbab s'interroge alors sur la façon dont l'opération policière a été menée, commandée par le préfet de police de Paris. "Sur le terrain, on a conscience que sur cette opération il y a eu un gros problème", rapporte-t-elle, invitant à poser "un diagnostic intelligent et se demander quels moyens mettre en œuvre", au fait de la situation. "Ne valait-il pas mieux les laisser passer la nuit ?", lance Linda Kebbab. Une stratégie qui aurait mis à mal cette "orchestration". "Il y avait des avocats, des élus, des associatifs, des journalistes avisés, j'ai l'intime conviction que si la nuit était passée, tous ceux qui ont affronté les policiers n'auraient pas passé la nuit", estime-t-elle, précisant que les migrants n'ont pas participé aux affrontements.

 

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

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