"Les travailleurs sociaux sont traités comme les publics qu’ils accompagnent"

Comment lutter contre l’augmentation des attaques à l’encontre des travailleurs sociaux ? Delphine Moretti, assistante sociale à l’Aide sociale à l’enfance, membre du collectif médico-social de la Fédération des services publics CGT, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 25 mai. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

"Une violence un peu systémique"

Une employée de l’Aide sociale à l’enfance a été agressée dans le Gers. Il y a eu ces derniers temps plusieurs agressions de travailleurs sociaux, parfois mortelles. Qu’est-ce qui explique la multiplication de ces agressions ? "Pour moi, la question de la violence dans le travail est un peu systémique, estime Delphine Moretti, assistante sociale à l’Aide sociale à l’enfance, membre du collectif médico-social de la Fédération des services publics CGT. Le travail social ne peut pas à lui seul réparer les fractures de la société."

"C’est vrai qu’il y a eu des événements majeurs. L’assassinat de cette collègue dans l’Aube le 12 mai. Audrey Adam, a frappé la profession. Le fait nouveau est que l’on en parle. Dans le quotidien des services, cela arrive hélas de manière assez fréquente. Surtout quand on est dans des services comme l’ASE, l’Aide Sociale à l’Enfance, où l’on est dans de l’aide sous contrainte. Les parents sont dans l’obligation de venir nous rencontrer. Évidemment, cela crée des situations de tension."

"Des professions assez peu visibles"

"Je pense que c’est aussi en lien avec la dégradation globale", estime cette assistante sociale. Sur le terrain, ressent-on un sentiment d’abandon ou est-ce la violence qui s’installe ? "Oui, la violence dans la société monte, et dans le champ de notre travail, nous sommes exposés aux populations les plus fragiles au sein de notre société. Ce n’est pas une violence nouvelle, sans banaliser. Mais nous sommes des professions assez peu visibles. Quand on est médiatisé, c’est assez clivant : nous sommes des voleurs d’enfants ou bien nous n'avons pas vu la violence."

Est-ce cependant un métier attractif de nos jours ? "Il y a quand même une perte d’intérêt pour ce type de métier, peut-être parce que l’on est dans une société où cela devient de moins en moins valorisant d’aller vers l’autre. Mais il y a aussi les conditions d’exercice. Il y a une crise de vocation dans les familles d’accueil, par exemple. J’ai un peu la sensation que les travailleurs sociaux sont traités à l’image des publics qu’ils accompagnent."

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