Les Restos du coeurs craignent un manque de bénévoles à cause du Covid - "Des gens qui étaient borderline sont passés dans la précarité"

Menace sur la collecte nationale des Restos du Cœur. La peur du virus aura-t-elle raison de la bonne volonté des bénévoles ?  Le risque est réel, en particulier dans les 20 départements placés sous surveillance renforcée qui pourraient être reconfinés dès ce week end.

Les restos du cœur manquent de bras. © AFP

Reportage de Lionel Maillet

 

Menace sur la collecte nationale des Restos du Cœur. La peur du virus aura-t-elle raison de la bonne volonté des bénévoles ?  Le risque est réel, en particulier dans les 20 départements placés sous surveillance renforcée qui pourraient être reconfinés dès ce week end.

Les Restos du Cœur seront sur le terrain de vendredi à dimanche pour récolter des dons à la sortie des grandes surfaces. Les responsables des Restos ont peur que le contexte sanitaire fasse peur aux volontaires.

"On a un risque de potentiellement annuler"

En cas de reconfinement ce week end le risque est simple et il tient en une phrase résume  Stéphanie Panier la responsable de la collecte des Restos du Cœur dans les Bouches du Rhône. "Nos bénévoles qui ont plus de 60/65 ans préfèreront peut-être rester chez eux et ne pas être là pour le jour de la collecte".

Pour l’instant pas de désistement, tout va dépendre des annonces à venir et surtout du ton employé car  le pire ennemi c’est la peur virus. "On peut potentiellement avoir des bénévoles qui disent à la dernière minute qu'ils ne viendront pas. Là, on a un risque de ne pas pouvoir couvrir toutes les plages horaires de toute la collect', soit de raccourcir ces plages horaires soit potentiellement d'annuler. Cela dépendra des annonces et de l'alarmisme du gouvernement"

"Nous avons des nouveaux arrivants qui n'avaient pas l'habitude de venir aux Restos"

Cette grande collecte nationale permet de diversifier les dons avec aussi bien des denrées  non périssables que des produits d’hygiène et en ce moment nous en avons particulièrement t besoin souligne le président  des restos du cœur des Bouches du Rhône, Michel Rodi. "Nous avons des nouveaux arrivants qui n'avaient pas l'habitude de venir aux Restos et qui se forcent à pousser les portes. Ce sont des gens qui étaient borderline et qui sont passés du mauvais côté, qui ont perdu leur job comme des étudiants qui sont passé dans la précarité".

En tout, 240 tonnes de dotations ont été récoltées localement l’an passé, l’objectif reste malgré tout de faire aussi bien dans les 120 grandes surfaces qui jouent le jeu de vendredi à dimanche.

Lionel Maillet (avec Maxime Trouleau)