Les commerçants des Champs-Élysées ne veulent pas revivre le même samedi noir

gilets jaunes Champs Élysées
Casseurs ou Gilets jaunes, qui sont les responsables du chaos de samedi ? AFP

Le nouvel appel des Gilets Jaunes à manifester sur les Champs-Élysées samedi prochain inquiète les commerçants après les violences de la semaine dernière. Ils sont nombreux à renoncer à ouvrir, malgré l'approche des fêtes de fin d'année.

Nicole est gérante d’une sandwicherie sur les Champs-Élysées. Habituellement, devant son magasin, il y a une terrasse, mais depuis samedi, "c’est le vide total".

"Je peux voir les magasins qui sont en face, j’ai des clients qui se retrouvent dehors, sous la pluie et qui ne peuvent pas manger au chaud."

Nicole et son équipe sont encore sous le choc : "On s’est réfugiés à l’étage. C’était la guerre civile. On a assisté au désastre."

Pas question de revivre les mêmes scènes que la semaine dernière. De nombreux commerçants envisagent de rester fermés. Arnaud est responsable d’une pizzeria : "On va probablement couvrir le reste de fenêtres qui sont encore debout. Et fermer, parce que ce n’est pas possible d’ouvrir pour notre sécurité et pour la sécurité des gens."

Nathalie est propriétaire d’un magasin de chaussures. Sa grille restera fermée samedi. Elle craint que le discours d’Emmanuel Macron ne fasse qu’empirer la situation : "Merci Monsieur le président ! Il est méprisant. Il faut qu’il fasse quelque chose, tout le monde est avec les Gilets Jaunes. Mais il a une façon de parler et de regarder les gens d’un air de dire ‘Pauvre Con !’"

Fermer un samedi, trois semaines avant les fêtes de fin d’années, une décision difficile à prendre. Lucas travaille dans une boutique de luxe : "On travaille avec beaucoup d’étrangers et quand ils voient ça, ils ne veulent pas sortir de chez eux. Ça nous perturbe par rapport à notre CA parce qu’on a des objectifs à faire… C’est compliqué."

Le comité des Champs-Élysée, association des commerçants organise une réunion demain matin. Certains demanderont que l’avenue soit totalement fermée pour éviter les dégâts matériels.

Un reportage de Clément Bargain pour Sud Radio

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