Le regard libre d'Élisabeth Lévy - "Les policiers ne sont pas racistes, ils contrôlent ceux qui ressemblent à ces mis en cause"

L'État est visé par une action de groupe contre les contrôles au faciès réalisé par les policiers. Pour Élisabeth Lévy, les forces de l'ordre ne sont pas racistes. "Ils contrôlent les jeunes à capuche, pas les noirs en costard cravate. Ce n’est pas du racisme, c’est du profilage"

 

C'est une mauvaise surprise pour Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti et Jean Castex. Ils ont reçu par huissier une lettre de six ONG sur une procédure des recours collectifs (class action) déjà été utilisée pour le climat. 

Ils mettent le gouvernement français en demeure de faire cesser dans les quatre mois "les contrôles d'identité discriminatoires, pratique stigmatisante, humiliante et dégradante". Faute de quoi, elles saisiront un juge pour qu’il enjoigne l’Etat de procéder à des réformes. 

Que réclament-elles ?

D’abord, elles parlent d’un problème systémique. Elles demandent une modification du code de procédure pénale pour créer un délit spécifique, l’établissement d’un récépissé lors des contrôles, la création d’un mécanisme de plainte indépendant, et des modifications des objectifs de la police, et de sa formation: en somme veulent les clefs du ministère de l’Intérieur.

Je vous vois venir mais il y a un vrai problème ?

Oui le vrai problème, c’est la délinquance et les attaques contres les policiers. Ensuite, si les policiers contrôlent plus les français de la diversité, c’est pour deux raisons. Ils interviennent dans des quartiers où ils sont majoritaires parce que les mis en cause qui défilent dans les commissariats sont aussi majoritairement issus de la diversité. Donc ils contrôlent des gens qui leur ressemblent pas seulement par l’origine mais par les comportements et accoutrements. Ils contrôlent les jeunes à capuche, pas les noirs en costard cravate. Ce n’est pas du racisme, c’est du profilage. Enfin, il faut arrêter avec l’humiliation des contrôles. Il y a pire traumatisme que d’être contrôlé. 

Donc, il ne faut rien changer ?

Certainement, il y a des choses à améliorer pour que ce profilage soit plus efficace et que les contrôles se passent mieux. Mais ce n’est pas à des ONG, internationales de surcroît, de le faire. De plus, ce ne sont pas n’importe lesquelles. Il y a Amnesty International qui pense que les Droits de l’Homme sont plus menacés en France qu’au Soudan, et la Fondation Soros, où l’on tient pour raciste notre interdiction du voile islamique à l’école. Il sont animées par la même idéologie anti-flics (comme disent le syndicats) sans-frontiéristes. Bref, ils carburent au post-national et prétendent exercer un droit de regard sur l’action de nos forces de l’ordre. Mais de quoi je me mêle ? On préfère encore que la politique de la France se fasse à la corbeille.