Le regard libre d'Élisabeth Lévy - CCIF : "Il faut mettre fin à la complaisance institutionnelle"

Le Comité contre l'islamophobie en France - ainsi que Baraka City et une cinquantaine d'associations - font l'objet d'une surveillance toute particulière du ministère de l'Intérieur, lequel souhaite même aller jusqu'à la dissolution de ces dernières. Ce serait une erreur, voici pourquoi, et comment mieux lutter contre ces chevaux de Troie d'idées abjectes.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Gérald Darmanin veut dissoudre le CCIF. 

Au risque de vous décevoir, je trouve l’initiative problématique. Soyons clairs : le CCIF exerce une influence déplorable. Il persuade de nombreux musulmans qu’ils sont victimes d’un racisme systémique. Ses prises de positions sont abjectes. Le 15 janvier 2015, il accuse Charlie de racisme et de xénophobie. Cinq ans plus tard, en janvier 2020, il déclare que l’Islam a vocation à régir toutes les sphères de la vie sociale. Ou nous gratifie encore d’un “En France on mitraille des mosquées et on viole des femmes le jour de l’Aïd”

Qu’est-ce qui me pose problème alors ? 

D’abord, cela semble largement dicté par volonté de montrer que l’État réagit. Darmanin l’a dit lui-même : “le président de la République veut des dissolutions”

Surtout, nous piétinons les principes que nous voulons défendre. On peut critiquer les lois. Par exemple celles qui nous obligent à accueillir et nous empêchent de renvoyer les étrangers dont nous ne voulons pas. Mais là, on touche au dur, au cœur nucléaire de notre civilisation : la liberté de conscience, précisément menacée par les islamistes. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté », dit Saint Just. La formule fut faussement prêtée à Voltaire, plus conforme à notre génie. Je déteste les idées du CCIF, mais il doit pouvoir les défendre.

La civilité et le code pénal interdisent l’expression de la haine des croyants. En revanche, c’est un droit d’être islamophobe, autrement dit de détester l’islam ou n’importe quelle religion. Et c’est le droit du CCIF de s’opposer à ce droit.

Donc, on les laisse faire ce qu’ils veulent ? 

Non, il faut leur infliger le harcèlement judiciaire qu’ils infligent aux autres. Au lieu de se saisir à chaque fois que Zemmour lâche un mot de trop, le Parquet devrait déclencher l’action publique dès qu’ils flirtent avec la limite. Et n’oublions pas le fisc, sachant qu’ils ont des fonds qui viennent de Soros. Les priver de leur légitimité. Le CCIF était la coqueluche du Monde, de France Inter et de la France Insoumise et de tout un écosystème médiatique et politique qui a accrédité la supercherie de l’islamophobie. Au lieu de pleurnicher sur Samuel Paty, qu’ils arrêtent de faire la courte-échelle à nos ennemis.

Il faut mettre fin à la complaisance institutionnelle. Marwan Muhammad, ancien directeur du CCIF dont il est toujours membre, déclarait hier que son association “a d’excellentes relations de travail avec le défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’homme”. Deux institutions qui, sous couvert de défendre les droits de l’homme, sont à la pointe avancée du “multikulti” façon “chacun fait ce qui lui plait”. Puisque le président de la République veut des dissolutions, on pourrait peut-être commencer par ces deux-là.