"Le contrôle technique sera plus sévère, mais aussi plus responsable pour la santé"

Embouteillage voitures (©PIERRE ANDRIEU - AFP)

Directeur commercial chez FlexFuel Energy, Jérôme Loubert était l’invité du Grand Matin week-end de Sud Radio ce dimanche. L’occasion pour lui d’évoquer la réforme programmée du contrôle technique des véhicules.

D’ici 2018, le célèbre contrôle technique des véhicules sera bien plus poussé, qu’on se le dise. Issue d’une directive européenne, cette réforme devrait notamment faire passer le nombre des points de contrôle d’environ 100 à… 400. Parmi les points sensibles : les émissions polluantes des véhicules, à l’heure où la France s’est pleinement engagée dans l’Accord de Paris sur le climat. Une bonne chose selon Jérôme Loubert, directeur commercial chez FlexFuel Energy, pour qui le contrôle technique actuel est quelque peu dépassé sur ce plan-là. "Aujourd’hui, le contrôle technique ne mesure que l’opacité des fumées (leur épaisseur) à la sortie du pot d’échappement. En gros, est-ce que vous fumez noir ou pas (ce qui est très rare puisque aujourd’hui la quasi-totalité des véhicules sont équipés d’un filtre à particules) ? Or, il y a évidemment de nombreux gaz polluants qui peuvent sortir de l’échappement et qui sont absolument imperceptibles", indique-t-il au micro de Sud Radio ce dimanche.

"Une catastrophe pour la santé de chacun"

"Les points de contrôle seront plus adaptés aux véhicules d’aujourd’hui. (…) On sera probablement plus sévère, mais surtout plus responsable pour la santé des citoyens. Par exemple, l’émission de monoxydes et dioxydes d’azote sont absolument imperceptibles. Vous pouvez peut-être les sentir avec des odeurs d’échappement désagréables, mais aujourd’hui aucun contrôle n’est fait sur ce type d’émissions polluantes, et c’est une catastrophe pour la santé de chacun puisqu’en région parisienne, ces gaz sont jusqu’à 10 fois voire 100 fois supérieure aux normes conseillées par l’OMS", indique-t-il.

"Accompagner ces véhicules jusqu’à leur amortissement"

Un contrôle technique plus strict pourrait-il inciter par exemple la mairie de Paris à se montrer plus souple envers les véhicules ? Rien n’est moins sûr selon Jérôme Loubert, qui prône malgré tout un assouplissement de la politique actuelle. "On aimerait beaucoup, mais je ne suis pas sûr que la mairie de Paris se ré-ouvre aux véhicules. En revanche, nous proposons des solutions de transition énergétique. L’ambition de la mairie de Paris est d’aller vers des véhicules 100% propres, mais ce n’est pas quelque chose de réaliste aujourd’hui. Il y a un parc existant, et les gens qui ont investi ne vont pas faire disparaître leur véhicule d’un coup de baguette magique. La meilleure solution est d’accompagner ces véhicules jusqu’à leur amortissement en faisant en sorte qu’ils polluent le moins possible. L’injection d’hydrogène notamment permet de diviser par deux les émissions polluantes. Si vous le faites sur tout le parc existant, c’est comme si vous le divisiez par deux", assure-t-il.

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