Le Conseil d’État valide l’arrêt des soins de Vincent Lambert

François Lambert
François Lambert, neveu de Vincent Lambert, interviewé par Philippe David dans "L’invité de l’actu" sur Sud Radio, à 8h10. AFP

François Lambert, neveu de Vincent Lambert, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 25 avril animée par Philippe David. Il revient sur la décision du Conseil d'État de valider l'arrêt des soins de Vincent Lambert. 

Vincent Lambert, âgé aujourd'hui de 42 ans, est dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008. Sa famille se déchire autour de la question de l’arrêt des traitements depuis six ans. Le Conseil d’État a validé mercredi 24 avril l’arrêt des soins de Vincent Lambert, décidé collégialement par les médecin il y a un an. Ses parents, qui parlent de condamnation à mort de leur fils, ont fait savoir qu'ils se tourneraient à nouveau vers la Cour européenne des droits de l'homme. 

"L'état de Vincent se dégrade depuis 2014 et ne fera que se dégrader jusqu’à ce qu’il parte"

Pour François Lambert, neveu de Vincent Lambert, "normalement, la Cour européenne des droits de l'homme n'est pas saisie deux fois de la même question. C'est une spécificité française de la fin de vie de pouvoir saisir à nouveau les juridictions à longueur de temps. Normalement, elle devrait rejeter le recours, et surtout, les parents de Vincent doivent faire une demande de mesure provisoire, c'est-à-dire que la Cour européenne des droits de l'homme demande à la France de suspendre leur décision le temps qu'elle statue. Si elle ne le fait pas, ça veut dire que le médecin peut arrêter les traitements de Vincent, quand bien même ses parents feraient des recours. Malheureusement, le CHU est plutôt dans une optique attentiste depuis 2015, c'est-à-dire tout faire pour ne pas arrêter les traitements, pour diverses raisons". 

Concernant la décision du Conseil d'État, François Lambert, qui est pour l'arrêt des soins, était "plutôt confiant, car il s'était déjà prononcé en 2014, avec exactement les même arguments. L'état de Vincent se dégrade depuis 2014 et ne fera que se dégrader jusqu’à ce qu’il parte. Ça reste une décision de plus, des mots sur un bout de papier qui disent qu'il y a obstination déraisonnable sur Vincent. Mais dans les faits, est-ce que ça va donner quelque chose ? C'est surtout ça la question". 

"La communication avec les parents de Vincent passe très difficilement, ils sont inaccessibles à la raison"

Comment se passe la communication avec les parents de Vincent, qui refusent l'arrêt des soins ? "La communication avec les parents de Vincent passe très difficilement, je ne leur parle plus. Une fois qu'ils sont dans une cause, car c'est bien une cause qu'ils défendent, ils sont inaccessibles à la raison. C'est une cause qui leur tient à coeur, c'étaient des militants anti-avortement il y a trente-quarante ans. Ils continuent dans cette mouvance, très extrême religieusement. C'est une part de la religion qui n'est plus reconnue par le Vatican depuis 1988 parce qu'elle est trop extrême. Beaucoup de frères et soeurs de Vincent ne leur parlent plus depuis cette affaire, car ils trouvent que ce n'est pas humain ce qu'ils font subir à Vincent. 

Ce que je ne comprends surtout pas, c'est qu'en 2014, on a eu une décision du Conseil d'État, qui s'est basé sur le fait que c'est aux médecins de décider et que les proches ne peuvent pas s'opposer, qu'on ne peut pas leur donner un droit de veto et qu'il y avait donc obstination déraisonnable. En fait, il y a un droit de veto et c'est ce que je ne comprends pas". 

 

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