Quarante associations se sont rassemblées hier devant le Sénat pour se faire entendre au sujet des « petites lignes de train ». On les appelle les « sans train » et ils veulent avoir tout simplement accès au réseau ferroviaire, comme n'importent quels autres citoyens français. En cause : 10 000 km de lignes ont été laissées à l'abandon depuis la Seconde Guerre mondiale.
Une partie de la France privée d’un service public
Ces associations s’accordent sur plusieurs mesures. Elles veulent des « financements d'urgence pour les petites lignes ferroviaires » ainsi qu’un « plan massif de régénération du réseau ».
Brigitte, résidente ardéchoise, vit à 5 kilomètres d’une gare désaffectée. Ici, aucun TER ne circule. « Ça prive toute une population de la vallée du Rhône de ce service public, donc on est un petit peu opprimé, sinistré, explique-t-elle. Seule possibilité de se déplacer en Ardèche : la voiture individuelle. » Une solution actuellement coûteuse et moins écologique.
« Remettons de l'électricité bas carbone dans les caténaires et faisons rouler des trains ! »
Éliane, qui vit dans la région d’Angoulême, partage cet avis. « On nous dit : “il faut que vous fassiez des économies d'énergie, il faut décarboner”. Mais en face, qu'est-ce qu'on nous propose ? On ne change rien », déplore-t-elle.
Bernard Peuc, du collectif des « sans train », à l’origine des 24 mesures partagées par les autres associations, poursuit : « Remettons de l'électricité bas carbone dans les caténaires et faisons rouler des trains ! Ça, c'est du bon sens. On avait un réseau ferroviaire d'exception en France, qui a permis un essor économique. »
À la fois plus écologique et moins coûteux pour la collectivité, le réseau ferroviaire déjà existant devrait être utilisé, selon Christian Roy, président de la fédération Agir pour la ligne Clermont-Thules : « La ligne de train existe, il suffit de mettre des trains dessus. »