Laïcité, PMA, bioéthique… Qu'attendent les catholiques d'Emmanuel Macron ?

Lourdes, lieu de pèlerinage majeur du monde chrétien (©PASCAL PAVANI - AFP)

Reportage Sud Radio. Alors qu’Emmanuel Macron va rencontrer les évêques de France ce lundi au collège des Bernardins à Paris, les catholiques français font part de leurs attentes envers le président français.

C’est une soirée quelque peu inhabituelle qui s’annonce ce soir au collège des Bernardins à Paris, où le chef de l’État Emmanuel Macron échangera avec les évêques de France sur de nombreux sujets de société. Lui-même baptisé et ayant connu l’enseignement des jésuites dans sa jeunesse, le président de la République ne s’est pas encore trop mouillé sur le thème de la laïcité. Une question sur laquelle l’attendent certains catholiques aujourd’hui.

"La laïcité sombre un peu dans l’athéisme, on n’a plus le droit de parler de Dieu. Le président de la République a de gros défis devant lui, et je ne pense pas qu’il soit capable de les relever", affirme Nicolas (24 ans), tout juste baptisé, au micro de Sud Radio. Très engagé dans son aumônerie parisienne, Jean-Eudes déplore lui une évolution sociétale difficile pour les chrétiens. "On aimerait bien avoir plus de place, on a la sensation d’être devenus une minorité parmi d’autres", regrette-t-il.

"On attend de lui de la mesure et de la réserve sur ces sujets"

Pour Sylvie en revanche, la distance entretenue jusqu’ici par Emmanuel Macron sur les questions de religion n’est pas une mauvaise chose. "On attend de la mesure. La posture de notre président, qui est plutôt sur la réserve sur ces sujets, est plutôt sécurisante», pense-t-elle. Catherine, de son côté, attend du président de la République qu’il entretienne une valeur qui lui est chère : le vivre-ensemble. «Je suis une catholique très ouverte, profondément attachée à ce que le Christ nous enseigne, particulièrement ce respect de l’être", indique-t-elle.

Cette soirée devrait sans surprise être l’occasion pour les évêques et Emmanuel Macron d’évoquer le thème des États généraux de la bioéthique, alors qu’un premier rapport préliminaire sera établi en juin. Chez les évêques, certains ne cachent pas leurs doutes et inquiétudes. "Les enjeux sont tellement importants que l’Église souhaite être présente dans le dialogue des États généraux. Nous avons fait un séminaire de travail et l’Église a organisé beaucoup de débats. J’ai plusieurs attentes et plusieurs craintes. La première attente, c’est que ce soit vraiment honnête et transparent. Est-ce que tout ça n’est pas une parodie ? Est-ce que les jeux ne sont pas déjà faits ? N’est-ce pas un simulacre de démocratie ? J’entends des gens qui se posent des questions, et peut-être que cette révision induit une précipitation", déclare Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes.

La Manif Pour Tous prévient Macron

Du côté de La Manif Pour Tous, on espère surtout qu’Emmanuel Macron n’agira pas en faveur de la PMA sans père. "Depuis le tout début, l’opposition des Français à la PMA sans père est tellement massive que je ne vois pas comment il n’en tiendrait pas compte. Il n’en avait pas fait un engagement de campagne, contrairement à François Hollande pour la loi Taubira. Les Français qui participent aux États généraux de la bioéthique souhaitent manifestement que soient respectés les droits et les besoins de l’enfant. Demander autant d’efforts pour berner au final les participants, ce serait doublement dangereux pour lui. Il devrait faire preuve de sagesse", préconise Ludovine de la Rochère, présidente du mouvement.

Propos recueillis par Margaux Malinge et Lucas Pierre

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Michel THYS
- Mercredi 11 avril 2018 à 09:34
Ce discours, en faveur de l'évangélisation catholique en perte de vitesse, dépasse les limites de la liberté d'expression. Macron y témoigne d'un électoralisme flagrant et surtout de son intention de détricoter la loi de 1905. Cette illégalité est indigne d'un président de la France laïque, et justifierait sa destitution.
Est-ce en connaissance de cause et en toute liberté que Macron a « choisi » à 12 ans, sous l'influence des jésuites, de se faire baptiser ? J'en doute ... Il ne pouvait pas savoir, surtout à cet âge encore vulnérable, que la foi laisse des traces le plus souvent indélébiles dans le cerveau émotionnel, puis rationnel, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect. Même à l'âge adulte, il n'a donc pas réalisé que les dieux (antagonistes), pourtant objectivement absents, n'auraient qu'une existence subjective, imaginaire et dès lors illusoire. Cela l'aurait d'ailleurs déstabilisé dans ses certitudes et surtout décrédibilisé ... Enfin, Macron n'a pas compris non plus que tout enseignement confessionnel, en occultant malhonnêtement la découverte des options philosophiques non confessionnelles, est unilatéral, communautariste et nuit à la liberté de croire OU de ne pas croire... Pauvre France, dorénavant ouverte pendant quatre ans encore au prosélytisme religieux, au détriment de la promotion des valeurs humanistes et universalistes de la DUDH de 1948, à propos notamment des problèmes éthiques ...
Michel THYS

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