La survie de Charlie Hebdo est-elle menacée par ses dépenses de sécurité ?

La survie de Charlie Hebdo est-elle menacée par ses dépenses de sécurité ?

La survie de Charlie Hebdo est-elle menacée ? Si la disparition de l'hebdomadaire satirique n'est pas à l'ordre du jour, ses dépenses en matière de sécurité pourraient bien fragiliser sa situation économique à l'avenir. Reportage.

Trois ans après la tuerie perpétrée au sein de leur rédaction, nos confères de Charlie Hebdo s'interrogent sur l'avenir de leur journal à travers un numéro spécial commémorant ce 7 janvier 2015 de sinistre mémoire. L'hebdomadaire satirique y dresse notamment un constat plus qu'inquiétant à propos de la sécurité de ses locaux et des dépenses faramineuses consenties pour cette dernière. Des sommes qui oscillent entre 1 et 1,5 millions d'euros par an, selon le dessinateur Riss, l'un des rares à avoir survécu à l'attentat, au cours duquel 12 personnes avaient été tuées.

Dés lors, la question se pose, le coût sécuritaire pourrait-il avoir la peau de Charlie Hebdo ? Quand on voit qu'un exemplaire vendu sur deux est nécessaire au financement de la sécurité des collaborateurs du journal, la survie de ce dernier est fatalement en jeu. L'hebdomadaire devenu aujourd'hui un symbole va-t-il disparaître ? Pour ses fidèles lecteurs, la chose est impensable. Selon Jean-François, qui s''est confié à l'une de nos journalistes, il faut en effet que le journal continue d'exister. "On touche directement à la liberté d'expression et même à la liberté tout court", nous confie-t-il, se disant prêt à renouveler son abonnement, lui qui s'était abonné par solidarité au lendemain du drame.

Le problème, c'est que les ventes n'ont cessé de chuter depuis deux ans. Si le nombre d'abonnements avait connu un pic sans précédent au mois de février 2015 - un mois après la tuerie - avec 260 000 abonnés, il a depuis dégringolé pour atteindre les 50 000, soit quasiment le niveau qui existait avant que ne surviennent les dramatiques événements que l'on sait. Une baisse inexorable des ventes que nous confirme Louis, qui tient un kiosque à Paris. "Avant ce qui leur est arrivé, on en vendait 2/3 les bonnes semaines mais là on est retombé à 6/8", constate ce kiosquier installé Place de la Bastille, l'une des artères pourtant les plus fréquentées de la capitale.

Difficile dans ces cas-là pour le journal d'envisager l'avenir sereinement même si son existence n'est pas menacée dans l'immédiat, en raison notamment des recettes exceptionnelles enregistrées entre 2015 et 2017. Pas d'inquiétude donc pour les admirateurs de caricatures, l'hebdomadaire satirique créé par François Cavanna et le professeur Choron n'est donc pas prêt de mettre la clé sous la porte.

Propos recueillis par Maïwenn Lamy. 

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