La France en pleine série d'actes antisémites

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 Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, interviewé par Cécile de Ménibus et Patrick Roger dans "L’invité de l’actu" sur Sud Radio, à 8h10. AFP

Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 12 février 2019 animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il revient sur l'augmentation des actes antisémites depuis l'année dernière.


 

"Il y a un climat nauséabond et anxiogène qui s'installe qu'il ne faut pas banaliser"

Les actes antisémites ont augmenté de 74% depuis l'année dernière, avec plusieurs nouveaux exemples ces derniers jours, notamment des boîtes aux lettres à l'effigie de Simone Veil recouvertes de croix gammées. Pour Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, il y a un lien entre tous ces actes antisémites des derniers jours. "Le lien, c'est la poussée de l'antisémitisme, des mots particulièrement violents, des insultes à l'égard des élus de la République et des grandes figures comme Simone Veil. Il y a un climat nauséabond et anxiogène qui s'installe et qu'il ne faut pas banaliser. Il faut s'y opposer, combattre et n'être ni indifférent, ni fataliste."

Le bilan, portant sur l'année 2018, n'est donc pas forcément lié au mouvement des "gilets jaunes". "C'est un phénomène long, depuis janvier 2018, constant, progressif et homogène qui a plusieurs sources : l'islamisme radical qui peut frapper, par exemple le meurtre de Mireille Knoll à Paris ; le retour d'une extrême droite très virulente, on l'a vu ce week-end dans les mots qui sont utilisés, sur les réseaux sociaux et dans la rue, avec les tags et les banderoles."

"Depuis 2015, une politique de prévention et de sanctions a été mise en place"

Dans les quartiers, certaines dérives sont pointées du doigt depuis quelques années, notamment au moment des attentats de 2015. "Depuis 2015, une politique de prévention et de sanctions a été mise en place avec des moyens financiers. Nous soutenons, à la LICRA, plus de 800 projets et structures en 2018, nous avons créé des partenariats avec des acteurs majeurs, comme le Mémorial de la Shoah à Paris ou le Camp des Milles à Aix-en-Provence. C'est tout ce travail d'éducation qui est mis en place avec les collectivités sur ces sujets-là."

Ça passe aussi par les écoles, cette question traitée en classe qui est délicate pour certains professeurs à aborder. "Nous avons lancé, avec Jean-Michel Blanquer une équipe nationale pilotée par la LICRA et le ministère de l'Éducation, pour avoir des référents académiques compétents sur le racisme et l'antisémitisme qui puissent mieux détecter, signaler et traiter. L'idée est de ne plus laisser des professeurs seuls avec des problèmes et de pouvoir les accompagner. Pas simplement d'exfiltrer les enfants et les mettre à l'abri, mais considérer qu'un acte raciste ou antisémite, dans une classe, c'est le problème de toute la classe et de tout l'établissement."

 

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Retrouvez "L’invité de l’actu" du lundi au vendredi à 8h10 sur Sud Radio dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
 

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