Jean-François Lemoine : "The Lancet a été payé pour passer cette étude sur l'hydroxychloroquine"

La revue The Lancet vient de prendre ses distances avec l'étude sur la chloroquine publiée le 22 mai 2020, d’après laquelle la chloroquine n’aurait pas une efficacité dans le traitement du Covid-19.

Jean-François Lemoine, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, à 8h10, dans "C'est à la une". © AFP

"Cette étude, tous ceux qui l'ont lue, s’accordent pour dire qu’elle est bidon", a estimé Jean-François Lemoine, médecin-journaliste. Jean-François Lemoine était l'invité de Patrick Roger le 4 juin 2020 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"Des articles scientifiques payés, cela se pratique depuis longtemps"

"Cette décision [d’émettre une expression of concern sur cet article] ne m’étonne pas du tout parce que c’est un scandale réel, plus ennuyeux qu’on ne le pense. En même temps, ce geste ne signifie pas non plus que que l’hydroxychloroquine marche.

On est face à une officine douteuse qui publie des études minables qui, grâce au Lancet, connaissent un retentissement mondial. Il faut savoir plusieurs choses : qui a payé ? Pourquoi le Lancet n’a pas regardé ce qu’il publie ? Parce qu’il était payé tout simplement !

Il y a beaucoup d’argent dans le secteur de la santé. Si vous regardez attentivement, dans le Lancet en bas il n’est pas écrit 'revue scientifique', il est écrit 'news'. Cela veut dire ce que cela veut dire. Donc, ils ont été payés. Ce n’est pas un phénomène nouveau, cela se pratique depuis longtemps, et pas seulement dans le Lancet mais aussi dans le New England Journal of Medicine. En général les articles sont bons dans ces revues-là. Mais parfois il arrive qu’il y ait un canard boiteux qui passe", a déclaré Jean-François Lemoine.

"Il y aura une enquête. Elle va très vite nous montrer qui a payé"

"Moi, ce qui m’intéresse de savoir, c’est pourquoi il y a eu tout cet empressement. Parce que cette étude, tous ceux qui l’ont lue, s’accordent pour dire qu’elle est bidon. Mais d’un seul coup, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et notre ministre de la Santé décident d’interdire l’hydroxychloroquine. Après, l’OMS a fait du rétropédalage, vous l’avez vu. Maintenant, est-ce que notre ministre de la Santé va le faire ? On l’espère, parce que le dossier commence à être lourd pour lui.

Le professeur Raoult commence à déranger, et pas seulement au niveau français. On commence à se demander s’il souhaite faire de la politique un jour. De toute façon, il y aura une enquête. Elle va très vite nous montrer qui a payé", a estimé Jean-François Lemoine.

"Il y a probablement des gens naturellement protégés contre ce virus"

"L’étude du professeur Raoult n’était pas plus fameuse que celle du Lancet au départ. Et puis, de toute façon, on comprend que les études ne pourront pas aller à leur terme. Quand il y avait des malades, ils refusaient de prendre un placebo. Et aujourd’hui il n’y a plus de malades. Donc on risque de ne jamais savoir la vérité vraiment.

Cette épidémie est en train de disparaître en Europe. C’est un virus qui est en train de faire le tour du monde. Et comme il fait un tour du monde, la probabilité qu’il revienne est négligeable. En revanche, ce qu’on doit savoir très vite, c’est cette histoire d’immunité croisée. Car on n’a pas autant de gens contaminés dans le pays qu’on était supposés en avoir. Cela veut dire qu’il y a probablement des gens naturellement protégés contre ce virus.

Le virus qui provoque le Covid-19 fait partie d’une famille de 5 virus : globalement, il y en a 3 gentils et 2 méchants. À chaque fois que vous avez un nez qui coule en hiver, c’est un coronavirus, c’est les gentils. Certaines personnes pourraient être immunisées contre les coronavirus", a déclaré Jean-François Lemoine.

 

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