Jean-Christophe Fromentin : "On est soumis à des injonctions contradictoires"

Le maire de Neuilly-sur-Seine, Jean-Christophe Fromentin, auteur de "Travailler là où nous voulons vivre" (éditions François Bourin), était l’invité d’André Bercoff lundi 18 janvier sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Jean-Christophe Fromentin invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Les maires se retrouvent en première ligne pour organiser la campagne de vaccination sur leur commune. Des élus qui se retrouvent parfois dans l'incompréhension, confrontés à "toute une série d'injonctions, de prescriptions totalement contradictoires", déplore le maire de Neuilly-sur-Seine.

De 1.500 vaccins par semaine à... 170

Sur sa commune, située aux portes de Paris, Jean-Christophe Fromentin s'est déclaré candidat à l'accueil d'un centre de vaccination, il y a de ça plus d'une semaine. Pour pouvoir l'accueillir, il fallait garantir la vaccination "d'au moins 1.500 personnes par semaine", rapporte le maire qui a reçu l'aval mercredi 13 janvier. Après avoir ouvert, comme demandé, une plateforme téléphonique pour la prise de rendez-vous, les services ont recueilli "plus de 44.000 appels en deux jours, issus de toute la région". Des milliers de rendez-vous sont calés, jusqu'à ce que l'État envoie un message, jeudi 14 janvier, "nous disant qu'on n'aura que 420 vaccins à partir d'aujourd'hui, sur les 1.600 prévus".

Les services municipaux se réorganisent donc, puis le week-end dernier, l'État leur annonce que "nous n'aurons plus que 170 doses, les autres en cours de semaine". Un nouveau coup d'arrêt pour la ville de Neuilly-sur-Seine, qui ne s'arrête pas là. "Dimanche, on nous dit qu'on doit nous débrouiller pour que dans les flacons il n'y ait plus cinq mais six doses", souligne le maire qui rappelle que les pharmaciens, comme l'État admettent que c'est "pas facile de prélever 6 doses".

"Une absence de stratégie dans cette vaccination"

Jean-Christophe Fromentin se plaint d'être "soumis à des injonctions contradictoires, des ordres et des contre-ordres qui non seulement sont compliqués à gérer mais ne permettent pas de planifier sereinement un minimum de rendez-vous". "C'est un manque de respect de la population, qui passe des heures pour nous avoir au téléphone, à qui on met un rendez-vous assez loin et à qui on dit qu'ils sont prioritaires", déplore l'élu qui se retrouve "entre cette promesse et la réalité".

Et lorsque le maire "s'adresse à son préfet, principal interlocuteur de l'État pour les élus locaux, il répond 'débrouillez-vous'". Comme s'il n'y avait pas assez de contradictions dans les décisions du gouvernement, qui semble vouloir territorialiser les approvisionnements par département, "le préfet me demandait d'accepter les gens qui viennent de partout en France", note Jean-Christophe Fromentin. "Les approvisionnements sont indexés sur la population du département et pour autant on doit accepter tous les rendez-vous, quelque chose ne marche pas", déplore-t-il, estimant que cela "trahit une absence de stratégie dans la manière de décliner cette vaccination".

 

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