Incendie de Notre-Dame : "c'est un peu comme si les catholiques avaient été décapités"

Samuel Pruvot, rédacteur en chef de Famille Chrétienne
Samuel Pruvot, rédacteur en chef de Famille Chrétienne, interviewé par Cécile de Ménibus et Patrick Roger dans "L’invité de l’actu" sur Sud Radio, à 8h10. Sud Radio

Samuel Pruvot, rédacteur en chef de Famille Chrétienne, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 16 avril animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il revient sur l'effroyable incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris : un choc pour les catholiques français.

Incendie de Notre-Dame de Paris : "on ne pleure pas qu'une charpente, on pleure quelque chose qui nous dépasse"

Pour Samuel Pruvot, rédacteur en chef de Famille Chrétienne, ce dramatique incendie de la cathédrale de Paris, pour l'ensemble des chrétiens dans le monde, "c'est un peu comme si les catholiques avaient été décapités. En latin, caput, c'est la tête. Et la cathèdre, c'est le siège en bois sur lequel s'assoit l'évêque. C'est très rare dans l'histoire de l'Église qu'un évêque n'ait pas de cathédrale. Ici, le symbole, c'est une sorte de décapitation, mais qui a duré des heures. Le fait de la voir brûler sous nos yeux dans les réseaux sociaux, le timing même de l'État, du président de la République, a dû céder à cet événement qui dépasse tout et était en attente".

Vers 23 heures, il y avait des risques pour l'ensemble de l'édifice. "je me suis étonné moi-même de pleurer, c'est comme si on perdait un ami ou un proche. J'ai compris pourquoi tant de Français, qui ne vont pourtant pas forcément à la messe le dimanche, ont pleuré. Mais on voit bien que ce n'est pas juste le patrimoine qui a brûlé : on ne pleure pas qu'une charpente, des cailloux, on pleure quelque chose qui nous dépasse, qui est sacré. C'est un formidable hommage".

Est-ce que ça rapprochera les Français de l'Église ? "Ça rapproche les Français entre eux mais c'est plutôt une responsabilité pour l'Église : les catholiques sont-ils à la hauteur de l'événement ? Il y a un syndrome des catholiques ces dernières années, de dire 'on n'est pas compris, on n'est pas nombreux, on n'est pas aimé'. Croire à tort qu'on n'est plus aimé, quand on voit un tel soulèvement d'affection unanime qui semble très vrai, est-on à la hauteur du sursaut d'émotion, de tout ce qu'on véhicule malgré nous ? Dans les veines de Notre-Dame de Paris passe notre histoire, avec tellement de valeurs et finalement une espérance secrète. L'Église sera-t-elle capable de verbaliser cette espérance qui est ressortie d'un seul coup, sous le choc ? La glace a été brisée et on voit que bien sûr, les Français ne sont pas indifférents".

"Finalement, quelle annonce a-t-il pu faire hier soir ? 'Nous rebâtirons Notre-Dame de Paris'. Pour moi, il y a quelque chose de providentiel"

 À cette sidération s'ajoute le fait que c'est en pleine semaine Sainte, avant Pâques. "C'est la plus grande semaine pour nous catholiques, c'est suivre Jésus pas à pas ; le jeudi Saint c'est la Cène, où Jésus a institué les prêtres, c'est très important ; le vendredi Saint c'est le chemin de Croix ; le samedi Saint c'est l'attente de la résurrection de Jésus. Mais il y a un élément qui est un traumatisme supplémentaire : dans chaque cathédrale le mercredi Saint, et donc normalement à Paris devaient se réunir tous les prêtres et un grand nombre de fidèles pour recevoir les huiles saintes, qui servent notamment pour les baptêmes. Cette cérémonie du mercredi Saint n'aura pas lieu à Notre-Dame".

Le Pape viendra-t-il à Paris dans les jours qui viennent ? "Je n'ai pas du tout d'infos. Ce serait très bien mais je pense que ce n'est pas ce qui est le plus à espérer. Hier, en tant que journaliste politique, j'étais à cran pour écouter Emmanuel Macron et des annonces qu'il avait préparé au millimètre près. Et finalement, quelle annonce a-t-il pu faire hier soir ? 'Nous rebâtirons Notre-Dame de Paris'. Pour moi, il y a quelque chose de providentiel, dans cette période difficile pour la France, où tous les Français cherchent un grand chantier à faire ensemble, je crois sans rire que dans une semaine ce ne sera pas fini : le grand chantier de Notre-Dame de Paris va durer des années, et je suis sûr que ça va déchaîner la générosité financière et matérielle".

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